Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Messages : 3
Date d'inscription : 17/11/2012
Voir le profil de l'utilisateur

the arabian jewel & the wolf king.

le Dim 18 Nov - 5:23
La plupart des hommes du campement vous le diront, et surtout chez les anciens, Cléopâtre de Syrie était l’une des plus jolies louves qu’on ait pu voir sur l’île. Elle incarnait l’idéal des loups de tous les genres, et était le trésor, précieux et intact, de son père, Eschyle de Syrie.

Ancienne pour les jeunes générations, mais jeune pour les anciens, son visage n’affichait pas les rides du temps, et il semblait qu’elle eut gardé depuis ses vingt ans la même face harmonieuse et douce d’une pêche rose. Tout le monde connaissait Cléopâtre, et il était hélas impossible de la confondre ou de l’oublier, tant tout son physique était singulier.

Si elle était haute de taille, le menton droit et perché sur un col de cygne blanc, ses grands yeux bleus étaient cerclés d’un halo violacé, donnant à son regard la profondeur d’une galaxie, sans qu’on n’y ait jamais vu aucune étoile. Son teint était pâle car elle tenait de son père son pigment cristallin, quasi translucide, qui rendait plus fragile peut-être la femme qu’elle était. Encadrant son visage long aux traits fins et réguliers, une chevelure unique s’éparpillait en une cascade que l’on aurait pu croire infinie. Les enfants racontaient que jamais encore on ne l’avait vu les cheveux coupés, mais tout le monde savait ici-bas, chez les plus vieux tout du moins, que Cléopâtre gardait sa chevelure depuis la mort de Veysel, un loup mordu dont le décès tragique avait laissé une empreinte encore chaude dans le cœur de la princesse de Syrie. Si tous ignoraient vraiment la cause de cette disparition, tous ignorait encore plus comment la fille de Kahena et d’Eschyle, unique fille de la famille princière de Syrie, pouvait arborer une chevelure aux couleurs de flamand.

A la voir passer entre les habitations – pourvu que son père lui ait donné l’autorisation, l’on n’en revenait pas, ou rarement. Bien sûr, les cheveux verts des Ttlos étaient un mystère, mais les cheveux roses, couleur de pétale de cerisier, étonnait davantage encore, comme tous ses frères avaient tantôt les cheveux châtains de leur mère, tantôt les cheveux noirs de leur père. Elle était unique en ce bas monde, unique auprès des siens et au vu des autres, et c’était peut-être pour ça qu’Eschyle n’était pas prêt de la laisser à quiconque.

Ce soir-là, Eschyle se retrouvait à la table de son campement, une table qu’il avait installé là, sous un toit de paille et de feuilles, afin de pouvoir prendre le thé et le café au soleil, le matin comme le soir, restant hors des maisons et des tentes. Isatis, Lukk et Valerian étaient également à la table et semblaient tous en grande conversation, notamment Valerian qui parlait du mariage de Dorian et Laksha. L’événement, peu surprenant mais qui avait marqué les deux meutes puisqu’avant cela, il n’y avait eu que méfiance et froid, restait l’hypothèse d’un doux avenir. Valerian ne pouvait d’ailleurs que s’en réjouir : une adorable bru lui donnerait de beaux visages, et la force brute de Dorian comblerait le manque de constitution des Ttlos afin qu’ils aient de nouveaux des générations, et un peu de sang neuf dans une meute qui avait stagné depuis trop longtemps, et essuyé de lourdes pertes à la guerre dernière.

L’heure était au ravissement du mariage. Isatis, le plus avisé et peut-être le plus sournois, ne sentit pas sa langue brûlait quand il osait demander à Eschyle si un jour il concéderait sa fille, pour qu’elle offre elle aussi le « meilleur des sangs » à l’une des meutes du camp, car ce n’était pas à compter sur ses fils et leurs réputations que l’on pouvait attendre un renouveau chez lui, ce à quoi le brun haussa les épaules, froid. Valerian eut un petit rire, coupant la conversation qu’il savait épineuse.

Au même moment, et peu loin finalement, enfoncé de l’autre côté des montagnes que les mineurs creusaient, les bains thermales accueillaient les servantes et la jolie rose Cléopâtre. Cette dernière laissait les plus jeunes lui lavaient le dos, et les plus anciennes lui lissaient les cheveux et les coiffaient afin qu’aucun nœud ne puissent gêner sa chevelure. Un ciseau taillait harmonieusement les pointes, afin que malgré leur taille ils ne touchent jamais le sol, ce qui aurait été sale. Avec un ruban, il suffisait de les remonter un peu. Une fois le bain fait, deux filles s’occupaient de sécher la peau de la belle dans un coton duveteux, quand une autre approchait avec les habits de la douce.

Les habits étaient à la mode turque d’antan. Eschyle n’appréciait en effet pas voir la chaire de sa fille à la vue des monstres de l’île, qu’ils fussent ses amis ou non, aussi les habits de Cléopâtre s’accommodaient de ne montrer sur ses bras, cachant le reste jusqu’au bas de ses chevilles. Il acceptait en cas de grande chaleur qu’elle aille jusqu’à montrer ses tibias, mais il n’aurait supporté de voir le tissu de son vêtement montait au-dessus de ses genoux, ce qui lui avait valu des moqueries amicales de la part de Valerian.

Après un châle blanc quasiment transparent, lui tombant des épaules jusqu’au ventre en demi-cercle, on mettait par-dessus un tissu plus épais de couleur des sables, qui formait comme un débardeur sur le corps filiforme de la jeune fille. Par-dessus, tombant sur ses hanches enfin, on s’accommodait d’un tissu plus foncé, bordeaux le plus souvent, ample pour laisser le vent passait au travers et ne pas étouffer le corps. Un pantalon ample et large, bordeaux lui aussi, venait cacher ses longues jambes. Pour que jamais il ne glisse, on le ceinturait simplement d’un voile clair et transparent, où était accrochées trente-trois pièces d’or tapé à l’effigie de Kahena. On les entendait tinter au mouvement de ses hanches, mais rarement pendant la marche.

De petites ballerines couleur de sable enfin, on attaquait les bijoux, puisqu’il était commode et approprié pour les femmes de Syrie de porter les richesses de leurs pères ou de leur mari autour de leur cou. On accrochait alors un collier ayant appartenu à la reine Tin Hinan autour du cou de la jeune fille, et on accrochait à ses oreilles des pendentifs de grenats et de rubis pour la passion. Autour de sa tête, on installait un bandeau soutenant le ruban grenat de ses cheveux. On y accrochait plusieurs pièces pour que le tintement doux accompagne la princesse. On attrapait de fines mèches pour en faire des tresses et les raccrochait à des pièces plus petites et plus fines, plus silencieuses, pour la simple beauté.

C’était là tout l’attirail de la beauté, des pièces perchées au tissu bordeaux, marquant sa féminité. Sa longue tignasse rose pâle contrastait avec la sauvagerie naturelle de sa mère, mais pouvait-on lui en vouloir ? Cléopâtre avait grandi auprès de son père, avait été auprès de ce dernier comme il l’avait voulu. Si elle savait manier une arme, elle n’aurait jamais le droit d’en porter une à ses hanches – et pourtant quel meilleur jeu pour elle que de tenir la garde d’une dague entre les doigts ? Elle avait eu l’âge d’y jouer, mais aujourd’hui, femme, et princesse avant tout, c’était à ses servantes et ses frères que la charge de sa protection revenait.

« Ne me donneras-tu jamais Mehtap, Eschyle ? Je sais bien qu’elle ne te sert à rien… »
« Si c’est pour que Ahulane ne l’a décapite le soir même, je n’en vois pas l’intérêt. » Eschyle relevait le nez, apercevant sa fille au loin revenait, suivie de ses filles de compagnie. « Et puis, ça ne t’a pas empêché de la séduire plus d’une fois avec que je sache. »
« Un euphémisme » lâcha Isatis en ricanant derrière son verre de thé à la pomme.

Le sourire sur le visage d’Eschyle donnait un avant-goût de tout l’amour qu’il avait pour sa fille. Si certains pouvaient y avoir une affection mal placée, voir dérangée, il fallait être de ses amis pour n’y voir que le plus pur des sentiments, et le plus ardent également.
Les servantes s’éparpillèrent à l’approche de la table, comme elles n’avaient aucune le droit de parler aux anciens. Proche d’eux, Cléopâtre fit une légère révérence, ses genoux ne pouvant pas fléchir plus qu’on ne le lui avait appris, soit pas de beaucoup. Son regard passa sur Lukk quelques secondes, comme elle n’avait jamais eu l’habitude de le côtoyer. Elle n’était encore qu’un louveteau quand il était partit, et elle l’avait cru mort comme les autres une bonne partie de sa vie. Elle n’arrivait toujours pas vraiment à réaliser qu’à présent, ils seraient quatre autour de cette table.

« Approche, approche Cléo’… » un petit rire sur les lèvres claires d’Eschyle était rare, mais il semblait qu’elle avait le don de faire jaillir le meilleur de lui « n’aies pas peur, ils ne te mangeront pas. »
« Encore que, c’est un bon morceau que nous montre là… »

Isatis eut à peine le temps de rire que déjà Valerian se voyait crucifier d’un regard noir. Quand ce n’était pas Ahulane, c’était Eschyle. D’un susceptible rare… Cléo eut un sourire en coin, par habitude, et finalement repartit vers ses suivantes en silence, sans plus attendre. Eschyle la suivit du regard jusqu’à qu’elle disparaisse de son champ de vision, avec un petit pincement au cœur.

« Il faudra bien que tu la mari un jour. »
« Ah ! Ah oui ! Et à qui, mon bon Isatis ? »

Un long silence tomba sur la discussion.
avatar
Messages : 1
Date d'inscription : 20/11/2012
Voir le profil de l'utilisateur

Re: the arabian jewel & the wolf king.

le Mar 20 Nov - 23:40
En arrivant sur l'île des loups, Lukk s'était cru seul. Il avait marché sous le soleil de plomb jusqu'à ce que là peau sur ses épaules cloque puis s'assèche. Alors il l'avait vue. Une silhouette mince et élancée à contre jour. Il avait voulu l'appeler mais en ouvrant la bouche il s'était rendu compte qu'il avait oublié jusqu'à son prénom mais il n'avait plus de larmes pour payer le tribut de cet énième manquement. Puis le soleil avait tourné et il s'était rendu compte que ce n'était pas elle. Sa belle aimée avait les cheveux noirs et la peau ambrée, ça il s'en souvenait. Ce qu'il avait vu sur cette grève abandonnée, c'était une apparition en rose et en perle. Une fée peut-être, ou un ange de la mort trompeur mais désireux de l'apaiser. Ensuite, il se rappelait seulement le goût du sable, avant de le visage et les larmes de sa petite Leto devenue femme. Elle l'avait ramené sans un mot. Elle lui avait donné sa tente, et elle s'était endormie tout contre ses pieds, comme le petit louveteau qu'elle avait été un jour sans rien dire à personne, comme il le lui avait demandé. Finalement il avait dû sortir de sa retraite quand un petit malin qui avait les cheveux noirs de Valerian et les yeux farouches de Leto lui était tombé dessus en menaçant de faire la peau à celui qui croyait toucher à sa mère. Le jouvenceau avait vite goûté à la déconfiture et à la semelle usée de Lukk de Lycie mais il n'avait jamais voulu crier merci. Valerian le lui pardonnerait, il s'était même payé d'avance en plantant cette graine dans le ventre de la petite fille de Lukk. S'il avait été là lorsque c'était arrivé, il l'aurait tué ou du moins il l'aurait promis. Mais ils avaient bien trop de choses à se dire pour se mettre sur la gueule tout de suite.

« Ne me donneras-tu jamais Mehtap, Eschyle ? Je sais bien qu’elle ne te sert à rien… »

Lukk ne releva pas. S'il l'avait fait chaque fois que son frère avait tenu ce genre de propos, chaque fois que lui-même avait enlever des femmes pour les donner à ses loups, il aurait perdu la raison bien avant de perdre son épouse. L'idée lui laissa un étrange sourire sur les lèvres. Depuis son retour il semblait s'être calmé. Il y avait toujours dans son regard toute sa force d'antan, même plus encore, mais il était devenu sombre, taciturne même. L'angle de sa mâchoire avait quelque chose de sévère, même quand il riait. Dans ses yeux grenat, autrefois, une lueur avait brillé. Elle semblait aujourd'hui éteinte mais on en percevait encore le souvenir.

Il sentit le regard de Cléopâtre passer sur lui, comme si elle n'allait jamais se faire à sa présence. Quelque part, ça lui était égal à lui qu'elle s'en accommode. La fille d'Eschyle était, disait-on, l'une des plus jolies choses que le campement avait à offrir. Lukk n'allait pas le contester. Autrefois lui aussi avait couvert d'or la belle Niobé de Qadesh et fait d'elle le joyau de ses terres et de son existence même. Elle avait eu en son temps autant de pierreries que la belle Cléopâtre. Elle avait attiré de la même manière tous les regards. Mais elle avait aussi été tellement plus que ça.

Lukk sentit que le silence était retombé. Il reporta son attention sur Eschyle et ne fût pas long à comprendre qu'un des deux mauvais plaisantins qui leur tenait lieu de frères venaient de glisser dans la conversation l'épineuse question du mariage prochain de Cléopâtre. Lukk eut un sourire sournois. On ne gardait pas ses filles pour soi indéfiniment, c'était contre nature si pur et protecteur fût l'amour du père. Et puis, il y avait fort à parier que si la décision ne venait pas du père, elle finirait par sourdre dans le regard de la fille. Quoiqu'il en soi, son intention à lui, Lukk de Lycien, était de rester en retrait de ce genre de commerce. Il avança une main à laquelle il manquait un index pour saisir le godet d'ambroisie qu'on lui avait servi un peu plus tôt, avant de le porter à ses lèvres.
avatar
Messages : 3
Date d'inscription : 17/11/2012
Voir le profil de l'utilisateur

Re: the arabian jewel & the wolf king.

le Mer 21 Nov - 2:20
Le silence sur la discussion ne dura pas longtemps puisqu’aussitôt la querelle oubliée, Valerian déjà riait bien fort, se moquant d’Isatis qui lui n’avait jamais adopté un système de « couple » comme les autres lycans. Il s’était mariée à une femme, sa préférée, mais conservait autour de lui une douzaine de concubine dont on disait qu’il les aimait toutes, toutes les nuits. Il fallait bien être fou pour le croire, mais le doute avait toujours subsistait. La chaleur du désert était encrée sur le visage d’Isatis de Béotie. Il avait toute l’Egypte sur la gueule, tout du moins l’ancienne Egypte.

Isatis était cependant le moins bruyant. Il se gardait bien de demander l’avis des autres en matière de femmes. Mais il se gardait aussi d’envier la belle Cléopâtre, car même sur sa propre vie, Eschyle ne l’aurait pas donné. Plutôt crever, avait-il lâché quand la petite boule de poile rose était venu pour la première fois s’endormir sur son torse d’homme. C’était sa fille, son unique, sa jolie. Ses frères servaient d’un premier rempart, mais le rempart qui faisait le plus peur était encore lui.

« Tu ne devrais pas la garder comme ça Eschyle » reprit plus calmement Valerian en buvant une gorgée chaude d’ambroisie « nous vivons et mourrons d’amour. Comment veux-tu qu’elle soit louve si tu ne la laisses pas être amoureuse ? Nous ne sommes pas fait pour vivre seul, nous autres, les loups. » Pour une rare fois, les paroles du loup étaient censés. Eschyle semblait réfléchir, mais cette conversation ne l’amenait pas à bien penser. Il secoua un peu la tête.
« Je l’ai faite, alors elle m’appartient. Si quelqu’un la veut, je ne l’empêche en rien… » le sourire fin d’Eschyle sembla s’agrandir, effrayant « …il suffit juste de me la prendre. »
« Bien. Ça nous amène à avoir le choix entre Nabor, Vasco, Lapyx ou Lukk. On fait la pioche et on va voir qui se dévoue ? » L’air sarcastique de Valerian était pinçant, de trop. La pleine lune approchante sans doute, qui échauffait les sangs et les frères entre eux. « Tu sais bien que tu es ridicule. Tu aurais dû la lui laisser à ce brave petit loup. »
« Je ne te dis pas comment t’occuper de tes… »

Le mot se perdit sur les lèvres du loup visiblement énervé. Valerian venait de hausser un sourcil, attendant le moindre mot pour partir au quart de tour. Ça lui arrivait rarement de se disputer, mais quand ils se disputaient, c’était jusqu’au poing. Ils ne s’en étaient cependant jamais voulu de toutes ses frappes et ses brutalités ; ils n’avaient pas été élevés ainsi, mais c’était devenu leur manière d’exprimer parfois le besoin urgent de se défouler. Du moment que c’était entre eux et uniquement entre eux, c’était pardonnable. Mais là, ça touchait à ses « bâtards », comme avaient voulu le dire Eschyle, et Valerian le savait pertinemment.

« Je…n’ai pas besoin de tes conseils en matière d’éducation. »

Valerian fit une moue agacée, serrant les dents. Ce n’était pas vraiment faux. Eschyle avait réussi à tenir sa famille, il avait élevé ses quatre enfants, puis deux fils illégitimes, et les six enfants se respectaient entre eux. Sa famille était soudée et droite. Il n’avait jamais souffert d’aucun affront, et encore aujourd’hui, il n’avait pas à se plaindre du comportement d’un seul d’entre eux. Certes les punitions étaient sévères, mais elles avaient le mérite de découragé très vite les têtus.
Cléopâtre elle-même avait abandonné, quand bien même il n’avait jamais levé la main sur elle.

« Je disais juste que ça ne faisait pas d’elle une louve… » Le regard de Valerian se fit fuyant comme il ne semblait pas vouloir relancer le débat. Isatis poussa un long soupir.
« Cette ambroisie a été faite par les hommes, et ça se sent. Elle est plus forte que la dernière fois, quand nous avions laissé la tâche aux bonnes femmes. » Un petit ricanement sur les lèvres, les deux autres rejoignirent en cœur, se moquant. C’était pourtant bien vrai que celle-ci était plus forte.
« J’vais aller en chercher tiens. Y en a plus. Jusqu’à ce soir, on va sécher. »
« Je t’accompagne, tu serais capable de te perdre dans de drôles de jare… »

Valerian et Isatis ricanèrent tous les deux alors qu’ils se levaient en chœur, partant vers le garde-manger où devant pioncer Vasco, sur sa chaise, les bras croisés sur son torse.

« Si on cri, tu crois qu’il tombe ? »
« Je sais pas… On a qu’à ess… »
« Je vous ai entendu. »

L’œil vert émeraude de Vasco dardait déjà les deux compères qui ricanèrent avant d’échanger quelques mots avec le « gardien ».

A la table d’Eschyle, ce dernier resservait silencieusement les verres. Il cherchait quelque chose à dire, mais à la vérité, tout avait tristement changé. Il n’y avait plus guère de drôleries à raconter, plus rien vraiment d’intéressant puisque tout stagner. Eschyle était un nomade comme une partie de la population lycane, mais il savait qu’ils n’avaient, tous, pas le choix. Les Terres de Cendre étaient dangereuses, trop pour eux, même pour les plus vieux. Il remarqua Leto qui passait, suivie de Mahel et Léandre, en discussions elles aussi.

« Depuis ton retour, tu n’as toujours pas repris ta place de Conseiller. » Eschyle regardait Lukk, il s’adressait en effet à lui, toujours curieux. « Tu comptes fonder une nouvelle meute ou finir vieux loup solitaire… ? » Un petit rire moqueur était bien là, mais c’était gentillet, rien de plus, rien d’entendus.
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum