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Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Dim 13 Fév - 3:53


Peu après le repas, Dorian se leva. Il siffla Varian qui se ramena, toujours un fin et large sourire sur les lèvres, mais en voyant l'air sérieux – presque effrayant – de son frère qu'il fronça légèrement les sourcils, ne sachant pas à quoi s'attendre, ni même vraiment ce qui s'était passé. Il avança, et Dorian monta les marches autour de l'arbre. Sa « maison », mélange d'un parquet de bois et de tenture l'entourant, finalement surmonter de larges branchages pour unique toit, était silencieuse. Sur le sol, des habits proprement pliés. Varian rejeta derrière lui le tissu sombre et fixa Dorian qui rejetait lentement son manteau de ses épaules au sol.

« Papa sait pour ça? »

Dorian hocha la tête en silence, écartant le bras de son large corps. Varian se pencha, attrapa la lourde ceinture et se redressa avec. La ceinture était très large, plus large que la main même du plus petit qui n'était pourtant pas un petit gabarie. Il se rapprocha de Dorian et ceintura ses hanches sans douceur, ses yeux ne cherchant pas plus de réponse que ça. La parole de son frère lui suffisait amplement, et si il était le seul à l'avoir vu sans rien, il ne doutait pas une seule seconde de ne plus l'être pour longtemps. Bientôt, une vie s'épanouirait à l'intérieur de cette maison un peu froide, un peu vide, comme si la personne qui y vivait ne voulait pas avoir de souvenirs. N'en avait pas. Et c'était vrai. Dorian n'était pas un homme du passé, il s'accrochait au futur et voyait droit devant lui. Il ne regardait derrière que pour sourire de sa bêtise, que pour se moquer de ses erreurs, mais il ne s'en était jamais plaint. Il avait toujours assumé. Jusqu'à son bras, qui avait certainement été la plus grande de ses erreurs. Mais même là, il s'était relevé, fier et fort contre tous, et avait ri. Le passé était fait pour rire. La ceinture enfilée, Varian y accrocha les armes de Dorian, plus par tradition que pour vraiment avoir à s'en servir – mais elles seraient en place au besoin. Deux glaives longs d'une vingtaine de centimètre, le meilleur des couteaux crantés, le cimeterre de l'autre côté. Une ceinture parfaitement équilibrée. Varian remonta les mains sur le torse de son frère, écartant le pan de sa chemise sous l'oeil absent de Dorian qui ne regardait jamais dans ces moments là. Il se laissait tout au plus faire. Parfois grogner, mais c'était rare, parce que la présence de Varian avait été toujours une apaisement certain. Varian fixa le bandage, le resserra à peine pour qu'il ne tombe pas, et remit en place la chemise. Il y avait un silence lourd entre eux, mais Varian s'y était habitué. Si aux yeux de tous ils étaient les deux frères un peu bruyants, riants de tout et de rien, à l'intérieur de leur campement, il y avait toujours ce lourd silence. Leurs vies n'étaient que ruines, et ils vivaient tous les deux avec un passé que nul n'avait ici, mais que tous juger. Dorian ferma les yeux et les rouvrit en sentant la lourde veste, propre, à l'odeur d'un savon unique et magique, se posait sur ses épaules. Cette veste n'était pas habituelle. Elle ressemblait à aucune autre qu'il n'avait jamais parlé, plus longue, plus imposant, avec des épaulettes et une capuche cerclée de fourrure. Il y avait une chose inquiétante dans cette tenue, de sombre, de grave. Varian pourtant eut un petit rire en le voyant si sérieux.

« Tu as l'air d'un autre homme. »
« Le suis-je? » souffla Dorian, reprenant ce visage expressif qu'il lui sied bien auprès de son frère.
« Non, non. Tu as les mêmes yeux. » Varian eut un petit rire. « J'appelle qui...? »
« Alarian. On se rejoint en bas. »

Varian eut un petit rire, encore une fois, et sortit de la pièce. Dorian soupira longuement, penchant la tête. Il repensait à ses deux presque fois. Il avait imaginé pouvoir l'avoir pour lui sur le sol, mais n'y était pas arrivé, la peur au ventre que quelqu'un n'arrive et ne les surprenne. Que quelqu'un ne voit comment Dorian de Byzacène, le Porte-Mort, ne pouvait pas serrer son aimée dans ses bras, comme il ne pouvait pas lui tenir ce si joli bassin entre ses larges mains, et ça l'énervait à l'intérieur, ça le dégoûtait aussi, de ce bras invisible qui lui faisait mal sans plus jamais être là. Il soupira, tourna le dos et se pencha, ramassant le savon et le glissa dans sa poche droite, comme si ça avait une amulette. Il se redressa, géant dans cette pièce circulaire, où il ne vivait jamais vraiment, préférant rire et se perdre sous les couettes de ses frères, dormant encore à trois. Ce que les gens oubliaient de dire quand ils médisaient, c'était que les Byzacène, à la naissance, avaient été six. Puis cinq. Puis quatre. Puis trois. Et ça, ça, manquait, ça renforçait les liens, l'attachement, mais également l'amour fraternel. Quasiment fusionnel avec ses deux frères, Dorian aurait été anéanti d'en perdre un de plus, et c'était pourquoi il avait sacrifié un bras. Un bras ne valait pas la vie de son frère. Ce même bras qui n'avait pas été vu par Laksha, non, qui avait été tout au plus effleuré, mais cette veste tombée sur le sol était déjà une promesse d'une guérison à l'intérieur. Il sortit de la tenture et descendit les marches qui tournaient autour du tronc où la famille de Byzacène s'était installée. Basse sur le tronc, presque au même niveau que ses deux frères, il passa devant les autres « maisons », parquet de bois entourés de tentures tissés par Myriade. Dorian remarqua ses deux frères en contrebas et leur larges sourires. Il ne pu en réprimait qu'un lui aussi.

Tous les trois prirent le même rythme, la même démarche. Majestueux. Pratiquement royaux. Des prédateurs dans des manteaux de feutre noire, aux regards sombres et acérés. Le sourire en coin ne les rendant pas sympathique. N'importe qui aurait fuit en les voyant, et c'était ce qui passa. Quelques mordus déguerpirent sur leur passage. Alarian, main sur la garde de son cimeterre, était peut être le plus impulsif, mais Varian, ses doigts pianotant sur son glaive blanc était bien plus rapide. Au milieu, le pas plus lourd, l'air plus large, ressemblant peut être plus à leur père que les trois autres, Dorian, terrible, busqué comme un jaguar noir. Sous sa veste, place à l'imagination, mais peut-on imaginer ce corps musclé, ce corps long? Peut-on imaginer une seule seconde la force de son unique bras, la largeur de ses épaules, le triangle de son dos et le carré de sa mâchoire? Oh non, on ne peut pas. Dorian est intouchable, et même lorsqu'il aperçoit les jumeaux, il sait là encore qu'il n'aura aucun soucis. Qu'il est ici pour une seule et unique raison. Il lui a promis, et les Byzacène sont hommes à tenir leur promesse. Même les plus désagréables. Alors la plus agréable qui soit ne pourra que le faire sourire en coin. Derrière, les yeux d'Alarian guettent les moindres mouvements. Varian ne doute pas que ça se passera bien. Qu'ils sont ici en tenus d'apparât, par tradition. Mais Alarian, lui, doute. Il doute de tout. Même de lui. Dorian arrive devant la tente des Lycie, mais ce n'est pas ça qui l'intéresse. Le repas fini, il sait qu'elle sort de cette tente, il sait qu'il la croisera, alors ils attendent, à quelques mètres de la tente. Alarian regarde les gens qui s'attroupent autour d'eux. Varian, lui, est calme, tout sourire et doux – en apparence, c'est un agneau accompagné d'un loup et d'une panthère. Une panthère, oui. C'est à ça que ressemble Dorian, grand et sombre, les yeux perçants.


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DORIAN & VARIAN DE BYZACENE
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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Dim 13 Fév - 18:45
Il y avait ce soir là toute la meute assemblée, comme chaque soir depuis qu'ils avaient posé le pied sur l'île à la différence près que les lukks avaient retrouvé leur Lukk. L'unique Lukk de Lycie dont la bravoure et la sagesse avaient gagné l'amitié des plus valeureux chefs autour de lui. De cette époque bénie ne restait que d'amers souvenirs et quelques éternellement fidèles amis tel Héphaïstion le Desrée et Nebi de Qadesh, si jeune à l'époque. L'île avait changé beaucoup de chose outre le retour de Lukk. Autrefois, on chassait tous ensemble et on se repaissait sur la chair encore chaude et bien mérité d'un gros animal. Mais ici c'était impossible. Seuls étaient partis chasser les plus forts, Lukk et sa petite fille Leto, qui lui ressemblait tant, Nebi et son fils Lykkos à qui l'on réservait partout ailleurs les égards dû à un prince, et Mahel sa jeune épouse dont on aimait le feu.
Ici pourtant ni or ni bijou. Seul Lukk portait aux poignets ses bracelets de force d'or ciselé comme au temps où il faisait ce si brillant chef de guerre que les mémoires ont retenu. Il n'avait imposé qu'une chose aux lyciens: Leto restait leur chef de meute. Encore que Leto fut au moins autant aimée que Lukk et en cela , l'ordre n'en était plus vraiment un. Mais c'était malgré tout autour de lui qu'avec amour et liesse on se rassemblait. On se réjouissait de sa présence et d'entendre le rire éclatant de Leto qu'on n'avait pas si souvent entendu depuis la trahison des lukks, sonner à nouveau.

Lukk attrapa le petit garnement qui venait de passer à porter de son bras. Une petite tête rousse aux yeux vert olive qui appartenait à Leo de Qadesh. Le géant souleva l'enfant par le col comme on attrape un chaton avant de l'assoir devant son assiette, imposant un peu de calme quand tout autour les conversations bruissaient. Ici Laeila de Qadesh, d'ordinaire si calme, menaçait son frère Lochan de "régler ça à l'épée". C'était qu'elle n'aimait guère qu'on lui chaparde la nourriture dans l'assiette. Les prunelles brun rouge de Lukk se promenait sur chaque visage puisque, sans le vouloir et de toute manière, il présidait. A côté de lui, Leto, fière guerrière lycienne, l'épée toujours sur le flanc était redevenue plus insouciante, plus encline à se soucier de ce qu'elle appelait "les choses futiles", incluant son propre bien-être. Il sourit, admiratif quelque part, mais aussi heureux de pouvoir lui offrir une épaule sur laquelle se reposer, ne serait-ce qu'un peu. Mais elle ne lâchait rien pour autant. Elle lui ressemblait beaucoup trop pour cela.

« Tu es bien calme Lohendra... »

La voix de Lukk tomba sur les épaules de ce qui n'était à ses yeux qu'un gamin. Lohendra, indifférentiable de son jumeau, qui d'ordinaire était une vraie furie, se tenait assis à sa place, à la droite de Laksha, tout prêt de Laeila (Lakshan avait décidé qu'il serait plus judicieux de ne pas assoir la paire infernale à côté). Il avait une mine sombre qu'on ne lui connaissait que de ses mauvais jours. A côté de lui Laksha, toujours si douce semblait échouer à nouer le moindre contact avec lui quand d'habitude elle avait toujours son oreille. Elle retourna un regard d'excuse à Lukk et au même moment Lochan, calmé tout d'un coup, se levait et demandait qu'on leur permette de sortir. Laksha soupira, suivant du regard ses petits frères tandis que les conversations reprenaient bon train. Lakshan fronça les sourcils, interrogeant sa soeur du regard. Elle eut un sourire doux, un de ces sourires qu'on aime pas voir pourtant parce que ce ne sont pas juste des sourires. En elle, ce jour, cette nuit ne pourrait qu'être heureuse. Elle avait compté les battements de son coeur en égrainant les heures depuis le petit matin. Il avait compris. Elle lui prit la main, une lueur étrange dans le regard.

« Alors c'est à ça que ressemble le bonheur Laksha? »
« Je crois bien que oui. Mais Lohendra... les jumeaux... tu sais je voudrais que ce soit une partie de bonheur pour nous cinq... »
« Ca en sera une, laisse leur le temps... »

Elle sourit de plus belle, s'entendant le lui dire une millième fois. Il faut prendre ton temps avec les jumeaux. Et c'était bien vrai. Leur statut à eux avait toujours été un peu particulier. Ils avaient eu énormément de chance, on ne les avait jamais laissé seuls et quelque part, cet homme vêtu comme un prince arabe qui riait là bas, Lykkos de Qadesh, et tous les autres, avaient été pour eux des parents extraordinaires. Mais ils s'étaient construits un petit cocon sécurisant, dans lequel elle et Lakshan avaient été le père et la mère, chastes bien sûr, et Lohendra, Lochan et Laeila, les enfants bienheureux, pas toujours très obéissants mais tout de même...

« Et pourquoi ça se finirait comme ça hein?! Et si on ne veut pas nous? Si on a pas envie de regarder notre famille partir à vau-l'eau? Elle s'en fiche de ça Laksha! Elle s'en fiche de nous! », grondait la voix de Lohendra bien loin de là, dans la forêt.
« Tu sais bien que non... »
« Bien sûr que non... »
« Alors? »

Un coup de poing s'abattit sur la figure de Lochan comme il avait baissé sa garde et c'était montré étrangement doux. Doux comme il n'était qu'avec Lohendra. Un sourire moqueur passa sur le visage du gamin, il ne se fit pas prier et rendit le coup, sans rancune. Lui aussi avait besoin de faire sortir ce qui faisait mal mine de rien et dans la mêlée, plus indistinct que jamais, ils exorcisaient à la lycienne ce grand barbare de byzacène qui avait tout foutu en l'air avec quoi? Un sourire. Même pas...

« Un sourire? Tu rigoles, Dorian tire toujours une tête à faire peur quand il n'est pas avec son frère. »
« Moi je trouve qu'on dirait plutôt le grand sage sur la montagne tu te rappelles? », Lohendra éclata de rire, les bras en croix à même le sol, comme l'image miroir de Lochan.
« Qu'est-ce qu'on avait rigolé ce jour-là! »
« Sauf Lakshan, je ne l'ai jamais vu aussi furieux que ce jour-là... »
« Et Laksha alors? Elle savait plus où se mettre... »

Il y eut un long silence qui passa sur leurs mines aux larges sourires jumeaux.

« Tu crois que quand elle vivras là bas, je veux dire les Byzacènes, on aura encore des moments comme ça? »
« ... », Lochan leva les yeux vers les étoiles, « j'en sais rien... peut-être que c'est Lakshan qui a raison, peut-être qu'il serait temps de grandir. »
« Ou alors... »
« Ou alors! Peut-être que si on prépare bien notre coup on pourrait... »

Les deux échangèrent un regard brillant de malice.

« Sûr qu'on pourrait! »
« Il va être vert! »
« Et en plus il saura forcément que c'est nous! Il faudra juste déménager de l'autre côté de l'île pour ne pas finir découper en morceau. Tu imagines: ci-gisent les jumeaux: ils ont succombé par l'uniquement main de Dorian de Byzacène! Tsss non! Ca le ferait pas comme dernière blague, et puis on a toujours dit que notre dernière blague serait pour Fenrir ou Moëris. »
« Moëris ce serait la classe quand même... », conclue Lochant, rêveur.

Ils se relevèrent d'un bond, époussetant leurs vêtements avant de prendre la direction de la grande tente où tout le monde terminait sans doute de manger. Mais ils n'allèrent pas jusque là parce qu'à mi-chemin, ils croisèrent trois ombres qui avançaient comme un seul homme et qu'ils reconnurent sans mal. Alors ils restèrent là, tapis dans l'ombre du bois pour observer.
C'est ce moment là que Lakshan choisit pour sortir de table. Sa main tira la draperie qui refermait la tente mais il s'arrêta interdit. Sa grande silhouette masquant parfaitement Laksha, plus petite et menue, à la vue des frères de Byzacène. Il avait cette mine fermée lui aussi, mais c'était de circonstance. Il savait parfaitement bien ce qui allait se passer et quoiqu'il ait pu en dire à sa soeur, une part de lui n'arrivait pas à s'en réjouir parce que... parce que c'était sa soeur. Tout simplement. Il y aura toujours une pointe de quelque chose là dessous.
Laksha sortit finalement, avançant de quelques pas de plus. Elle était belle, plus encore que d'ordinaire. Elle portait une robe blanche extrêmement simple et qui ne ressemblait en rien aux robes que se faisaient les lyciennes. Elle ne portait aucun bijou elle non plus, mais ses yeux lui rendaient bien largement grâce, surtout lorsqu'ils brillaient de cet éclat amoureux splendide et fragile à la fois. On avait souvent vanté la beauté de Laksha de Qadesh en la comparant à son aïeule Athénaïs de Tlos ou en lui prêtant la beauté de toute sorte de pierres précieuses. Mais ce soir, personne ne la comparerait à qui ou quoique ce soit. Ce soir on se rendrait compte à quel point Laksha de Qadesh avait une beauté unique au monde avec ses cheveux sombre dont le vert se distinguait de celui de tout ceux qui était issus de Tlos. On verrait que la blancheur de sa peau était presque un parjure au teint olivâtre de ses oncles, que sa bouche aux lèvres fines ne pouvait qu'avoir été perdue là par les doigt d'une fée ou d'un elfe qui pleurait sans doute encore aujourd'hui la perte d'une si joli chose. Ses doigts délicats qui n'avait jamais connu aucune autre parure que celle du travail bien fait, auraient dû gambader sur les cordes de quelque instrument de musique céleste et ses membres fins et allongés démentaient qu'elle ait jamais pu porter une arme ou essuyer le moindre coup. Le donner encore moins. Mais elle était bien lycienne, cela personne n'en doutait malgré tout. Son regard glissa sur la ceinture de son frère, avant d'aller chercher ses yeux. Alors Lakshan parla, puisque c'était à lui de le faire.

« Par la loi lycienne, que viens tu faire? »

La question lui sembla ridicule, mais c'était la tradition. Il savait très bien ce que Dorian de Byzacène venait faire ici et intérieurement il trépignait, éprouvant le moment où ce serait fait. Laksha posa son regard sur Dorian. Son coeur manqua un battement et de ce battement avorté naquit un sourire qui lui, n'était pas de circonstance, mais qui était bien trop sincère et heureux pour qu'on puisse le lui reprocher. Lukk sortait justement à ce moment.
Autour d'eux un petit attroupement c'était formé. La plupart étaient sidérés de voir là les fils de Valerian quand on savait à quel point celui-ci tenait à les écarter des lyciens, à cause de ce qui s'était passé à Tlos. Lukk, toujours égal à lui même, eut un sourire bienveillant d'approbation mais il ne dit rien. Ce n'était pas à lui qu'on venait enlever Laksha.

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LAKSHA DE QADESH

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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 1:36


Les yeux d'Alarian fixaient nerveusement tout autour de lui. Alarian avait peur du monde, et plus que du monde, il avait peur de ce qu'il ne connaissait pas. Ces loups n'avaient jamais fait partit de sa vie, et il se retrouvait toujours troubler d'avoir à sortir du campement de Byzacène. Ça se voyait. Le moindre de ses gestes trahissait sa nervosité. Il était impulsif, terrible. Alarian n'avait peur de rien. Il aimait le sang également. Au moindre faux mouvement, Varian serait apte à le contrôler, à lui faire baisser l'arme qui pendait à sa ceinture, fine et dangereuse. Dorian haussa un sourcil, puis reprit un visage parfaitement neutre en voyant Lakshan sortir. L'odeur indiquait clairement que Laksha était derrière, alors, par habitude, le visage de Dorian se fit doux, se fendant d'un sourire calme et sincère, pas trop prononcé, mais assez. Sur sa droite, Mahel apparaissait avec sa marmaille dans les pattes. La guerrière eut un petit sourire en coin, amusé et moqueuse comme toujours, elle qui était si jeune comparée au géant et qui avait pourtant trouver son alter en son propre « oncle », si tant est qu'elle pouvait le considérer ainsi. Varian ne cillait pas, un peu léger. Personne ne frapperait. Parce qu'on était au campement, que tout le monde vivait et chassait ensemble. Qu'on était tous à nouveau une communauté, et qu'on avait pas le droit de porter un coup, comme l'avait précisé Moëris. Dorian posa ses yeux sur la belle Laksha, un poil songeur. Elle était magnifique. Plus qu'il n'aurait pu espéré. Guerrière dans l'âme aussi, forte à l'intérieur et endurante. Elle n'était pas Ahulane non, mais nouvelle. Peut être la seule personne qui l'avait vu sans son manteau après son amputation avec ses deux frères – parce que même son père et sa mère n'avaient pas eut ce « privilège ».

« Par la loi lycienne, que viens tu faire? »

Alarian eut un petit rictus bref et nerveux, mal à l'aise. Trop de monde au visage étrange l'entourer. Il fixait son attention sur Mahel avec qui ils avaient vécu un siècle, parce qu'elle était dans cette troupe son seul point d'ancrage avec ses frères. Il pianotait nerveusement son arme, pas rassuré – pour rien, mais c'était ainsi. Le regard de Dorian, fixé alors que Laksha, glissa lentement sur Lakshan. Les cheveux verts des Tlos, comme ultime marque de l'erreur monumental de Valerian. Il en avait vomi, puis finalement, comme toute chose, il avait préféré oublié. Il s'était dit que si une Tlos avait survécu, ça n'avait été que par couardise, et à cela, nul ne répondrait, parce que c'était la seule façon pour Valerian de ne pas se ronger lui-même et de laisser les Tlos de Byzacène calmes. Heureusement pour Agis et son frère, Ahulane savait mesuré son mari. Mesuré par la menace, surtout. Dorian hocha finalement la tête.

« Je ne me présente par aucune loi, et ne représente ici aucun peuple. » Il posa son regard sur Laksha, bref, puis reprit : « Je suis venu enlevé Laksha. »

Clair et net. Il est calme Dorian. Son visage impassible sourit doucement. Il ne craint rien. Le regard affûté, il n'est pas un diable qui prendrait Laksha contre son grès. Il n'est pas Hadès volant la fille de Déméter, non, il est même plutôt sage dans son habit sombre. Il pourrait bien indiquer que la même loi lycienne, Laksha a le droit de choisir d'être sa femme. Il pourrait aussi indiquer que la loi de Byzacène donne seul au père le droit de choisir quiconque vient pour sa propre fille et qu'il n'est pas son père. Il pourrait aussi lui ramener un gibier, le posait à ses pieds et faire en sorte de gagner sa main. Il pourrait aussi se battre. Mais tout ça n'est pas intéressant. Un nouveau monde demande une nouvelle façon de faire.


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DORIAN & VARIAN DE BYZACENE
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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 2:12
A la réponse de Dorian, Lakshan ne donna ni signe de colère ni signe de joie. Il restait impassible sachant Nebi et Lukk à côté de lui. Lukk surveillait tout ça d'un oeil bienveillant. Il se rappelait le mariage de Nebi avec Jocaste, comme elle avait du perdre jusqu'à sa robe de Milasienne devant tous, fièrement, pour entrer dans les habits de Qadesh. La coutume avait quelque chose de désuètement savoureux. Du moins à ses yeux. Pour le reste, il n'avait pas à s'inquiéter, l'amour avait toujours la loi lycienne pour lui. C'était l'une des règles fondamentales ici, alors personne ne s'inquiétait de rien. Tout au plus on se réjouissait que cela finisse bien après avoir vu la jolie louve travailler à oublier sa peine depuis qu'elle n'avait plus eu le droit d'approcher ce loup fier qu'était Dorian et en qui elle semblait trouver l'unique soleil de ses journées quand il y en avait un brûlant au dessus d'eux pour leur dorer la peau au fil de longue journée de travail. Finalement un sourire vint se peindre sur le visage de Lakshan comme il posait un regard tendre sur sa soeur:

« Je ne te demande pas si c'est ce que tu veux... »

Elle sourit, le serra dans ses bras avec une tendresse évidente. Un instant, Lakshan enfouit son visage contre la nuque de sa soeur, comme... une dernière fois. Puis ils se séparèrent et Lakshan tira une de ses épées. Il avait l'air dur et on aurait pu croire qu'il allait se battre mais il n'en ferait rien. Il laissa simplement l'épée à Laksha qui la ceignit à sa ceinture. Elle la portait fièrement. Sans prétention pourtant. Cette épée, elle devrait l'offrir à Valerian de Byzacène. Sa main serra celle de Lakshan, Laeila vint la serrer. Elle attendit un peu mais les jumeaux ne viendraient pas, c'était sûr. Ils leur faudrait du temps comme toujours. Alors elle devait partir et leur donner le temps dont ils avaient besoin.

Elle releva les yeux vers Dorian et s'ils n'avaient été que tous les deux, sans doute aurait-elle couru vers lui. Mais elle se contenta d'approcher à pas mesuré, les yeux dans ceux de son aimé. Elle salua d'un signe de tête en silence devant Varian et Alarian qu'elle connaissait moins. Minuscule devant les trois frères, elle sourit à Dorian mais garda le silence, par respect. Elle les suivit vers le camp des Byzacène, gardant derrière ses lèvres scellés tant de choses qu'elle dirait à Dorian quand ils seraient seuls, comme lui demander s'il était parfaitement heureux maintenant.




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LAKSHA DE QADESH

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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 2:54


Silence total. Dorian ne cillait pas, toujours mesuré, toujours calme. Il n'était pas de ces hommes sans honneur et sans aucune dignité. Il avait eut les siècles pour s'assagir, lui qui avait eut une réputation de monstre quand il avait été jeune. Les yeux sombres regardaient la belle Laksha et son frère Lakshan, sans un mot. Cela avait duré depuis trop longtemps. Il fallait fermer cette page, faire en sorte que ces deux peuples que tout éloigner n'est plus rien à se disputer, et certainement pas un massacre qui datait d'un millénaire, aussi « injuste » fut-il, si seulement il l'avait été. Le sourire de Lakshan tira à Dorian un fin sourire, plus large sur le côté droit de son visage.

« Je ne te demande pas si c'est ce que tu veux... »

Dorian fixa Laksha, et Varian eut un petit rire joyeux. Il n'aimait pas quand les choses allaient mal. Alarian non plus. Il se détendit, un peu, toujours aussi nerveux. Mais c'était en sa nervosité que sa survie était la plus accrue. Attentif et prudent comme cent hommes. Dorian hocha la tête pour lui même, écartant à peine sa veste. Sa main gauche se faufila sous le lourd tissu et en tira une glaive, fin et long. Il le fit tourner dans sa main, par habitude, pour finalement le saisir par la lame alors qu'il s'approchait de Lakshan. Alarian fixa le sol, son pieds tapotant le sol sans comprendre pourquoi on l'avait convié lui et pas Agis, sans vouloir le savoir non plus, puis qu'il savait. Il lui tendit le glaive, plus lourd qu'une épée lycienne et pourtant plus court.

« Une vieille légende veut qu'une soeur mariée soit un gage de paix. Nos deux familles sont liées, alors sache que nous sommes hommes de promesse. »

Le glaive dans les mains de Lakshan, Dorian n'ajouta rien de plus, sa main disparaissant à nouveau sous le manteau noir alors que Laksha avançait vers lui. Alarian ouvrit la marche, trop stressé pour restait à l'arrière, le dos à l'ennemi, et avançait, saccadé. Dorian et Laksha marchaient côte à côte, en silence, mais un fin sourire indiquait tout. Valerian attendait au pieds de l'Arbre de Byzacène. À ses côtés, Antonis de Tlos, fermé, une légère ecchymose sur le côté droite de visage. Visiblement, il avait encore trop parlé. Si Antonis se faisait frappé régulièrement, tout le monde savait chez les Byzacène que Valerian l'appréciait plus qu'il ne voulait le faire croire, pour la seule raison qu'il n'était pas encore mort, ce qui était, en soit, un miracle. Tous les autres vaquaient à leur occupation, sauf Valerian et Antonis, comme deux blocs droits. Alarian et Varian s'arrêtèrent un peu avant que Dorian ne s'arrête, laissant quelques mètres entre eux et Valerian. Antonis recula d'un pas, le visage ferme. Valerian releva le visage, fier comme un lion. Il haussa un sourcil en voyant la petite chose qui devrait être également l'avenir de la meute, parce qu'elle était désormais l'un des plus précieux trésors de la meute. Cette même petite chose qui bien avant, avait pris pour leur première rencontre quand il était rentré la monumentale gifle de Valerian de Byzacène, sans jamais s'en excuser pour autant. Par principe.


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DORIAN & VARIAN DE BYZACENE
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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 3:24
La première fois que Laksha avait rencontré Valerian de Byzacène lui avait laissé un souvenir impérissable. Jamais personne ne l'avait frappé si fort avant ce jour là et pourtant les lyciens n'étaient pas connu pour y aller de main morte dans leur jeu, et le pire était sans doute de se dire que dans sa colère Valerian de Byzacène n'avait sans doute pas mis toutes ses forces dans la gifle qu'il lui avait donné. Elle s'était relevé alors et n'avait pas versé une larme. Un lukk de lycie ne pleure jamais de douleur. Pour elle qui n'avait pas connu la guerre, cela pouvait encore être vrai. Elle n'était pas insolente bien au contraire, mais il lui était difficile d'accepter les notions de maître et esclave et plus encore, de regarder un homme se faire battre sans rien faire pour lui venir en aide. On offrait sa vie pour celle de son frère. On n'offrait pas une larme à celui qui nous avait frappé, ou alors en une autre circonstance.

Imperceptiblement, en voyant la grande silhouette de celui qui serait son père désormais -selon la loi lycienne- elle releva le menton, rassemblant un peu de son courage. On pouvait aisément pardonner à une louve si jeune d'être impressionnée par un conseiller, surtout quand celui-ci avait la réputation de porte-mort et quand on avait déjà éprouvé son caractère irascible. Pourtant, elle ne chercha pas refuge derrière Dorian. Elle restait dignement à côté de lui et comme tous s'arrêtaient à une distance encore respectable, elle suivit Dorian, plus près de son père mais quand lui s'arrêta, les épaules bien droites et fier, elle, posa genou à terre présentant l'épée qui scellerait sa mort ou son plus grand bonheur. Ca n'était pas arrivé souvent, mais parfois, l'épée du mariage avait servi à couper des têtes et à semer la discorde. Pourtant Laksha parla sans trembler, l'épée présentée au dessus de sa tête sur le plat de ses mains blanches:

« Cette épée fut l'épée forgée pour moi par mon père et restera sienne tant que je resterai sienne. Si tu veux bien de cette épée je serais ta fille, et tu seras mon père. Tu auras ma constance et mon coeur et moi ton bras comme éternel rempart. », sa voix était douce, et si elle connaissait les mots par coeur, c'était bien de là qu'ils venaient. Pas d'hésitation, de l'aplomb mais pas d'orgueil, « Cette épée je te la donne pour l'amour de Dorian... »

Ces derniers mots n'étaient pas dans la loi. Ils n'étaient pas conventionnels et sans doute ne toucheraient-ils qu'un seul homme ici, celui à qui ils s'adressaient par le geste.

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LAKSHA DE QADESH

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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 15:21


Le regard marron carminé de Valerian se posa sur la jeune fille. Les yeux de Byzacène, disait-on, était de la couleur de la terre imprégnée par le sang. Tantôt rouge, tantôt noisette, les yeux changeants de l'alpha ne montraient pourtant aucun sentiment, aucun qui ne fut palpable en tout cas. Il restait bien droit, sans un mot, et fixa l'étrange petite créature qui s'avançait. Il avait toujours cru que ses fils finiraient seuls. Il ne leur en voulait pas de n'avoir pas aimer une fois avant. Il aurait pu pourtant en vouloir à Dorian pourtant de lui ramener la preuve vivante de son échec sous le nez, cette même créature qui avait osé s'interposer entre lui et Antonis. On ne s'interposait pas entre un maître et son esclave, et si il y avait bien une chose qui reliée les deux, c'était cette complicité presque perverse à faire que l'un commande et que l'autre suive sans un mot. Antonis avait prit le plis de Byzacène. Nul n'avait le droit de reprocher quoi que ce soit à Valerian. La seule personne qui aurait pu lui reprocher aurait été encore sa mère, parce que Valerian avait été ce petit garçon capricieux et entêté, mais pourtant adorable derrière ses grands yeux de méchant. L'enfant s'agenouilla sur le sol. Plus loin, ce fut Agallon et Agis qui s'arrêtèrent en chœur pour regarder cette enfant aux cheveux verts, verts de cette couleur qui caractériser avant Alonis. Personne ne bougeait. Valerian lui même restait immobile.

« Cette épée fut l'épée forgée pour moi par mon père et restera sienne tant que je resterai sienne. Si tu veux bien de cette épée je serais ta fille, et tu seras mon père. Tu auras ma constance et mon coeur et moi ton bras comme éternel rempart. » Valerian eut un petit sourire en coin, ses doigts se desserrant lentement de sur la garde de son épée. « Cette épée je te la donne pour l'amour de Dorian... »

Valerian posa son regard sur Dorian, puis sa main se posa à plat sur la garde de l'épée avant de la saisir. Légère. Légère mais résistante. Il se rappelait avoir vu des armes plus lourdes et plus fragiles. Son regard ne se fit pourtant pas appréciateur, parce que cette chose n'était pas ce qu'il attendait d'une arme. Il la fit tourner entre ses doigts, légère, trop légère, la lame alla rapidement et avant même qu'un mot ne sorte d'aucun des bouches présentent, la lame fendait sur Laksha. Dorian fit un simple mouvement, passant son bras gauche par dessus d'elle, sa cape claquant pour la protéger. Et le geste se suspendit, interdit, et la lame glissa à nouveau comme Valerian reprenait sa posture la plus basique. Les yeux carmin de Valerian observèrent Dorian, puis il eut un petit sourire en coin. Le fils de Byzacène se redressa, prudent encore, avant de ramener contre lui son bras, laissant à nouveau Laksha à la vue de son père. Valerian planta l'épée lycienne dans le sol, à ses pieds, une main posée sur la garde. Antonis eut un sourire en coin, trop habitué.

« Sois la bienvenue, Laksha. Tout ce qui m'appartient est tien aujourd'hui. Prends comme bon il te semble. »

Valerian hocha la tête, amusé, attrapa l'épée, et l'emmena avec lui. Il laissa dans son sillage la bonne odeur dont on ne savait jamais d'où elle venait, mais il y avait quelque chose de chaud, peut être l'odeur du sable et sa douceur, quand Valerian n'avait rien de tendre, pas même la viande. Une vieille carne. Dorian resta un instant interdit, puis finalement en voyant Antonis suivre son père et les gens se dispersaient, il posa ses yeux sur la jeune fille, avec un long sourire, tendre, et lui montra les marches qui tournaient autour du tronc. Ils montèrent ainsi, calmement, et Dorian tira le tissu de la tenture, montrant un intérieur de maison basique au possible. Simpliste. Il y avait bien des richesses et des trophées de chasse, mais rien qui n'aurait pu le montrer plus vaniteux qu'il ne l'était. Au fond de la pièce, un lit plus grand que celui qu'il avait eut toute sa vie. Un lit de bois foncé, mais aux draps parfaitement clair.

« Bienvenue chez toi. »

Souffla Dorian, sa tête se perdant sur la gorge de la jeune fille dans un sourire rassuré et heureux. Au moins, elle n'était pas morte.


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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 16:37
La lame lycienne dansait avec légèreté au dessus de la tête de Laksha. Rien n'assurait que Valerian l'accepte ni même qu'il ne s'en serve pas contre cette jeune fille qui avait semblait tant l'insupporter jusqu'à ce soir. Elle aurait pu la lui offrir bien plus tard puisque dans la loi lycienne seule la naissance d'un enfant tenait lieu de contrat inaltérable, mais si elle avait agi ainsi, ç'aurait été comme cracher sur son engagement auprès de Dorian au mépris même des lois de Byzacène. Ca aurait été laisser penser aussi qu'elle avait peur et qu'elle n'accordait pas sa confiance. Et elle ne voulait pas de ça. Elle releva le regard, ses yeux plus profonds que deux océans, pour regarder Valerian faire tourner la lame avec une dextérité dont on ne s'étonnait pas chez un homme dont la réputation n'était plus à faire. Soudain la danse de la lame d'adamantine se rompit et l'arme fondit sur elle. Elle ferma les yeux mais ce fut tout ce qu'elle s'autorisa. La peur de mourir était bien présente mais enfouit en elle sous un manteau de pudeur de la plus belle étoffe. Elle aurait pu crier ou s'enfuir, et peut-être qu'elle l'aurait fait mais Dorian ne lui laissa pas perdre sa posture digne. Vif, son bras s'interposa entre elle et la lame. Le flottement chaud et sécurisant de son manteau l'enveloppa un instant et comme elle serrait doucement son avant-bras, douce, elle rouvrit les yeux.

« Sois la bienvenue, Laksha. Tout ce qui m'appartient est tien aujourd'hui. Prends comme bon il te semble. »

Il sourit et s'éloigna, l'épée à la main, laissant Dorian et Laksha stupéfaits. L'espace d'un instant, leurs silhouettes se fondaient l'une dans l'autre, Laksha disparaissant parfaitement en Dorian. Elle se retourna vers lui, interrogeant encore du regard mais le sourire du loup lui suffit. Elle prit sa main et le suivit dans les escaliers qui s'enroulaient autour de l'arbre où les Byzacènes s'étaient installés. Ce n'était pas rien pour elle, et peut-être que sans s'en rendre compte, elle serrait un peu plus fort cette main dans la sienne. Pour un lycien le toit d'une maison était source d'inquiétude. Fallait-il avoir confiance en une structure qui aurait pu s'effondrer sur leur tête et les écraser? Fallait-il avoir confiance quand le sol se trouvait si loin en dessous? Elle avait toujours reposé sur le ventre ferme de la terre, sûr. Cela changerait dès ce soir. Son coeur s'inquiétait malgré elle mais quand elle posa ses yeux sur la tenture qui servait de toit à Dorian, plus familière, elle se détendit, oubliant le plancher sous chacun de ses pas légers. Elle entra. A l'intérieur tout était simple, accueillant à ses yeux parce que justement si c'était différent de ce dont elle avait l'habitude, ça ressemblait à Dorian.

« Bienvenue chez toi. », souffla-t-il avant de venir se perdre contre sa gorge.

Elle sourit, enfin heureuse. Parfaitement heureuse. Ses doigts glissèrent dans les cheveux de Dorian pour le serrer un peu plus contre elle dans une caresse lascive et douce à la fois. Tellement plus tendre que jamais avant. Ce n'était plus que lui et elle. Le monde entier fondait autour d'eux au seul effleurement de leur corps l'un contre l'autre et le temps s'oubliait pour leur laisser savourer l'instant.
Elle eut un petit rire transporté, presque un murmure qui alla se perdre dans l'oreille des anges, plus haut, beaucoup plus haut, alors qu'elle passait ses bras autour du cou de Dorian. Troublante. La jolie louve n'avait jamais été aussi femme que maintenant.

« ...chez nous... », elle pose ses lèvres sur les siennes dans un baiser éphémère, insaisissable ou presque, un de ces baisers qui ne soupçonnent pas comme ils sont cruels à toujours s'échapper trop tôt. Mais elle sourit à nouveau. C'est à ça que ressemble le bonheur en effet, quand il est parfait et qu'il vibre à chaque battement de coeur. Elle ne va nulle part et lui non plus et il semble que rien ne viendra les séparer ce soir, ni demain. C'est pour ça qu'elle sourit. Mais aussi parce qu'elle sent que son corps et son coeur se serrent, que ses yeux le détaillent comme si elle ne l'avait jamais vu avant ce soir...


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LAKSHA DE QADESH

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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Lun 14 Fév - 17:44


Elle sourit, heureuse, et lui ne peut que l'être en retour. Se faire rejeter aurait été une attaque infâme à son myocarde. Mais ce n'est pas Laksha. Non. Laksha ne ferait jamais ça, sinon, elle n'aurait jamais pu dompter ce vieux lion noir solitaire qu'avait été et que serait certainement toujours un peu Dorian de Byzacène. Son nez contre sa gorge, respirant la bonne odeur du savon mélangé à sa propre odeur, il était le prédateur rendu agneau, un peu ridicule parce que trop amoureux, qui restait là, ronronnant de se faire caresser les cheveux dans le sens du poil. Ronronnant? Aimant. Il ferma les yeux en sentant les doigts de la jeune fille dans ses cheveux, son cœur ralentissant mais son sang semblait d'un autre avis, accélérant en lui, pulsant comme si ça avait été une question de vie de mort. Peut être l'était-ce, mais alors, il l'ignorait encore.

« ...chez nous... » En effet. Il eut un petit sourire alors qu'elle l'embrassait, tendre mais fugitive, fuyant le contact de ses lèvres à l'instant même où il allait y répondre. Il haussa un sourcil, pas surpris de ce genre de chose. Après tout, l'amour n'était qu'un aller et retour de petites caresses, mais que l'on aimait toujours à attendre et rarement à voir partir. Il a un sourire également, mais c'est un sourire amusé et tendre, un peu touché, alors qu'il se penche, ses lèvres effleurant les siennes, sans l'embrasser. Qu'elle se joue de lui, il se jouera d'elle. Alors quand elle le désire le plus, que ses yeux brillent parce qu'elle attends et que ses lèvres reculent à l'assaut des siennes, finalement, enfin, dans un mouvement doux, il avance le visage et l'embrasse. Chastement tout d'abord, puis lentement, très lentement puisque le baiser dure longtemps, il l'embrasse sincèrement, avec le coeur, et bientôt, avec la passion il la dévore. Le goût de leur salive mélangé est délicieux. Le coeur de Dorian reprends du service, accélérant dans sa poitrine. Il aime cette chaleur qui naît de leur deux corps qui ne sont pourtant pas si proches. Pas encore. Il avance sa jambe droite, alors que sa main gauche glisse sur le dos de la jeune fille, lui barrant le dos, l'embrassant encore. Que ce moment est bon. Que ce moment a un goût d'éternité délicieuse.


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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Mar 15 Fév - 1:28
C'est un jeu délicieux, un peu frustrant mais tellement grisant à la fois que de courir après un baiser de Dorian. Son nez effleure par jeu celui de son loup, son époux, n'est-ce pas étrange d'ailleurs? Ses lèvres s'étirent en un long sourire quand elle cherche à prendre sa bouche au piège de la siège. Il se refuse encore mais revient bien vite. Tendre, prenant aussi. Au charme de son baiser, elle cède facilement. Il l'envoûte et l'enchante tout à la fois, sans artifice. Laksha frissonne et se serre contre lui. Son sang s'échauffe et elle cherche un peu plus le contact, la fusion.
Aussi, quand le bras de Dorian vient l'entourer, la serrer, elle se sent brûler en dedans. Mais elle est sage pour l'instant. Elle ne fait que l'embrasser, les mains posées sur son coeur. Elle le laisse la contenir et la posséder déjà tout entière.

Malgré elle, elle repense à ces deux presque fois. Ces deux presque fois où ils ont voulu se dévorer l'un l'autre sans pouvoir se retenir. Alors elle rougit parce qu'elle sent bien grandir en elle, encore, cette sensation curieuse. L'animal en elle qui gronde doucement d'être réveillé, d'être dévorée et de le dévorer lui. Elle n'avait pas encore apprivoisé cet état là. Elle en rougirait encore tant parce que quelque part elle craignait d'aller trop loin, parce qu'elle se sentait perdre le contrôle comme là, sur les lèvres de Dorian comme à chaque fois. Ses mains se mettaient à trembler, alors elle serrait les poings contre son torse pour ne rien précipiter. Parce qu'il comptait plus que tout et qu'elle ne voulait rien gâcher. Mais malgré elle, elle se hisse sur la pointe des pieds, ses reins coulent sous la main du loup qui la tiens fermement et tendrement à la fois. Elle a soif de cette tendresse, et elle va la chercher contre lui. Un petit soupir d'envie se roule dans sa gorge alors elle sait que ça y est, elle ne contrôle plus qu'à moitié.

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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Mar 15 Fév - 12:29


C'est langoureux, c'est sensuel. Comme une danse des corps sur on ne sait quel rythme, qui fait vibrer les deux corps qui se dévorent sans s'être encore touchés. Elle soupire, ronronna sous sa main et il aime ce petit appel amoureux, pas vulgaire, non, amoureux. Elle se cale contre lui, petite louve comparé à sa taille de géant. Il soupire à un moment, son corps pris au rythme des frissons qui l'étreignent, comme un coup de foudre continue qui se répandrait par à coup en lui. Il faut qu'il se réveille, sinon il perdra contrôle, il se laissera aller et ira trop vite. Il le sait. Il se connaît. Il inspire profondément, sa bouche glissant de la bouche de la jeune fille à sa gorge, se posant sur sa jugulaire, si douce, si palpitante. Il sent chaque battement de son coeur à travers la peau de son cou, et son bras, par instinct, se ressert sur elle et la sert plus fortement. Douce Laksha. Dorian la repousse lentement vers le lit qui se trouve derrière, sans trop savoir comment se passera la suite, mais ce qui est sûr, c'est qu'on ne souille pas une fille à même le sol. Surtout pas sa propre déesse. Alors c'est tout en la serrant contre lui qu'il avance, la tenant, et qu'il la relâche une fois arrivé au bord du lit, se penchant pour lui demander de suivre le mouvement sans avoir à le dire. Il se penche encore, et bientôt son seul choix est encore de tomber dans ce lit. Là, il pose un genoux à peine, se tenant de son unique bras pour se pencher plus encore, sa bouche se collant par instinct à sa peau, recommençant ce qu'elle n'avait pas fini, glissant vers la base de son cou, alors qu'à l'intérieur de lui, c'est un drôle de loup qui gronde pour ne plus avoir à attendre. Il la veut. Maintenant.


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Re: Donne-moi, donne-toi, donne-moi tout ce que t'as.

le Mar 15 Fév - 15:02
Quand il la serre un peu plus fort, elle se sent mourir d'amour. Il l'a embrassée et a fait jaillir en elle cette étincelle qui consume tout de l'intérieur jusqu'à la plus petite fibre, dans un courant électrique qui emporte et transcende tout sur son passage. Elle ne touche plus terre. Ses mains glissent sur son torse, aveugles. Elles devinent le dessin de chaque muscle sans l'avoir jamais vu et peut-être que ce ne sera pas encore ce soir, mais elle n'y pense pas. Elle ne peut pas y penser encore quand elle le serre dans ses bras de cette façon là.
Doucement mais sûrement, il la conduit à leur lit sans cesser de l'embrasser, alors ils vont y venir à cet instant, celui qu'ils approchent chaque fois mais qui les arrête aussi dans leur feu. Elle recule sur les mains, dans le lit, les yeux dans les siens quand ils ne sont pas clos pour chercher la caresse de sa bouche ou la brûlure de sa peau.
D'instinct ses doigts réapprennent ce corps dont ils ne savent encore que les rivages. Ils se font l'éclaireur de sa bouche sur le carré de la mâchoire de Dorian puis sur sa gorge, son menton... ils s'émancipent, reconnaissent ses épaules solides mais ne l'osent pas encore alors ils glissent dans son dos. De haut en bas. De bas en haut, simulant déjà sans en avoir conscience le ressac suave de l'acte amoureux, comme dans une invitation silencieuse mais évidente. Pourtant la jolie louve n'agit que sous la caresse de son amant, perdu quelque part sur le chemin de sa gorge. Il la rend folle d'amour. Mais cette folie est douce. Innocente. On ne saurait y voir la moindre perversité quand on sait que la belle est encore vierge et que des siècles que Seth lui a donné, elle n'a rien fait d'autre que de veiller au bien-être des siens. Tout juste s'est elle accordé six cents ans pour aimer Dorian de Byzacène et apprendre à le connaitre, mais pas de cette manière là. Une autre plus dissolue y aurait pensé bien plus tôt. Elle se serait fait tout une croisade contre cette veste qui faisait toujours rempart entre l'envie et la réalité. Mais Laksha de Qadesh n'y avait pas seulement pensé. Elle avait rougi la première fois qu'elle lui avait pris la main sur la plage, sans rien dire, timidement. Elle avait rougit plus encore la première fois qu'ils s'étaient embrassé et ce baiser là avait été bref d'ailleurs car c'était plus que son petit coeur n'en avait jamais eu à supporter. Et elle n'avait jamais chercher à provoquer les choses, elle les avait laissé venir, sans y penser parfois. Il n'y avait eu que ces deux presque-fois où elle avait découvert autre chose. Où elle y avait pensé. Où elle en avait rougi.

Alors là, dans leur lit, elle ne ferait pas de croisade. Jamais. Elle lacerait doucement, prudemment ces liens d'amour qui renforcent et sécurisent tout à la fois, toujours avec respect et surtout prévenance. Ces liens qui font de vous un homme ou une femme à l'aura brillante comme un soleil. Ceux qui vous rendent confiant et surtout inébranlable. Elle y pense, forcément, parce que ses mains se font un instant plus hésitantes et qu'elle rouvre les yeux. Délicatement, elle lui relève le menton pour poser à nouveau ses lèvres contre les siennes, et dans un baiser le remettre sur ses genoux. Alors elle l'accompagne, à genoux dans leur lit, c'est là peut-être qu'elle semble le plus petite devant lui. Ses yeux brillent, elle est troublée. Troublée parce qu'elle s'est enivrée de ses baisers mais aussi parce qu'elle le trouve plus beau que jamais et que son coeur s'emballe un peu plus. Sa petite robe blanche ne l'habille déjà plus bien qu'elle n'ait pas bougé, peut-être à cause de ses mèches de cheveux sombres qui contrastent si bien avec le satin nacré de sa peau laissée nue par endroit. Peut-être parce que ses deux océans d'yeux bleu-vert qu'elle a, débordent d'amour quand elle l'interroge presque du regard avant de le découvrir de son manteau qui tombe dans un froissement lourd et chaud. Là devant lui, à cet instant précis, elle est pareille à cette Laksha qui lui avait donné un tout premier baiser. Elle approche doucement, ses yeux voyageant des yeux de Dorian à sa bouche avant de s'unir à lui dans un autre baiser. Je t'aime, souffle-t-elle tandis que ses doigts se posent sur son visage, le possède amoureusement sans l'emprisonner pourtant. Puis à nouveau ils glissent pour aller s'arrêter sur le bas du ventre de Dorian. Mais pour l'instant ils élisent ce seul ancrage, parce qu'ils savent bien que la peau douce et chaude qu'ils sentent à travers le tissu est une terre promise mais non encore acquise...

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