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Une robe de soie et de lumière

le Dim 23 Sep - 16:59


Une robe de soie et de Lumière,
feat. le Sultan Rohan Misra,
& le Général Ayyoub Raad.


Près de cent années s'étaient écoulés depuis le jour où tout a basculé. Un jour que les humains ont longtemps cru être le dernier jour, celui du Jugement dernier. Mais il n'en fut rien. Il n'était là qu'en tant qu'ultime sanction du très Haut, afin de rappeler qui diriger ce monde, et que les Humains, aussi puissants et intelligents furent-ils, n'étaient rien. Qu'aucun contrôle ne pouvait être fait sur Terre, et que la vie était dirigée par des forces qui les dépassaient. C'était ce que chaque créature vénérant le Divin était convaincu. Mais ils étaient arrivés à un point où ils furent en infériorité numérique. Pour beaucoup, ce fut une punition divine. La vérité était ailleurs. Mais... Elle avait été permise par le Divin. Ce qui laissait croire dans la conscience collective, qu'en effet, ce châtiment était mérité.


Le Sultan Rohan Misra dirigeait depuis la cité byzantine, Istanbul. Les stambouliotes étaient le plus gros de ces sujets désormais. Son plus gros travail avait été d'intégrer les Djinns aux stambouliotes et inversement. Créer une unité, un lien, n'avait pas été une mince affaire, mais cela n'avait pas été aussi difficile qu'il ne l'aurait cru. Au début, les Djinns furent vues comme des envoyés d'Allah pour les guider dans ce chaos, les aider dans cet apocalypse. Mais les Djinns balayèrent très vite cette idée afin qu'ils ne se considèrent tous comme des frères. Bien que cela date de l'aube du monde, la peur d'être châtier comme le furent leurs ancêtres par la faute d'Ibliss les encouragea dans cette direction.

Rohan avait instauré plusieurs lois martiales, rendant la cité sûre. Puis, peu à peu, une fois que le contrôle de la cité et des environs fut assuré, il lâcha du leste. La vie avait très vite reprit son cours dans les rues d'Istanbul (qui s'était vu amputé de toute sa partie asiatique dans le grand chaos) laissant la douleur et la tristesse au passé. Désormais, marchands, artistes et citoyens se baladaient dans les rues sous le regard protecteur de la garde du Sultan.

Mais aujourd'hui, comme d'autres jours auparavant, Rohan avait l'envie d'organiser quelque chose de particulier. L'idée lui était venu en entendant sa femme se plaindre - encore - du tailleur qu'elle avait mandé pour lui faire une robe. Celle-ci n'était pas terrible, ou celle-là n'était pas assez longue, ou elle n'était pas assez échancrée... Bref. Mais cette fois-là, quand il s'était levé de sa chaise pour s'en aller afin d'éviter de l'entendre se plaindre pendant une heure, il lui avait pris le visage de ses deux mains pour lui embrasser le front, et lui avait demandé de le rejoindre dans la salle du trône dans trois heures.

Durant ses trois heures, il finit venir tous les tailleurs de la cité. Quinze personnes se retrouvaient alors dans la pièce, dans le plus grand des silences. Rohan siégeait sur son trône, sans rien dire. La couronne qu'il arborait était à la fois sobre et distinguée, et sa tenue finement ouvragée, trahissait un savoir faire depuis longtemps perdu. De rouge, d'or et de blancs vêtus, il regardait chaque tailleur avec un sourire léger. Les gardes à l'entrée, le visage droit, la lance pointe en l'air, attendaient la venue de la femme du Sultan pour l'annoncer afin de débuter l'entretient. Sur le visage des tailleurs, on se demandait bien pourquoi on les avait convié à rejoindre le Sultan aussi soudainement.
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Re: Une robe de soie et de lumière

le Dim 7 Oct - 22:19
Elle avait tout de sa mère si ce n'est ce petit air farouche et décidé qui n'appartenait qu'à elle et le teint hâlé de son illustre père. Ses cheveux noirs tressés en une large demi-couronne infinie lui donnait cette allure fière qu'on ne trouvait que chez certaines nomades du Hurlant mais Roshanara Al Farsi n'avait rien d'une pillarde vagabonde. Un sourire rayonnant accroché à ses lèvres, il semblait qu'elle connaissait tout Byzance et c'était réciproque. Djinns comme mortels, elle avait toujours à coeur de tendre la main et au bout de toutes ses années - déjà presque un siècle - elle figurait parmi les bons samaritains de la ville, au même titre que sa mère d'ailleurs. Ça n'était pourtant pas tout à fait la même femme.

Ce jour-là, elle se dirigeait pleine d'assurance vers le palais du sultan. Comme elle était familière des lieux et qui plus est la filleule du sultan lui-même, on ne chercha pas à l'arrêter. Pour tout dire, elle vivait dans ce palais, dans une dépendance qui se situait entre le jardin d'Asin et le temple.

Ce jour-là était particulier. Il faisait beau et au-dessus de sa tête, un ciel quasi sans nuage couronnait ses espérances. Enfin espérances... si : il en faudrait quand même un peu pour imaginer que son tonton adoré lui concède l'impossible. Mais elle n'était pas âme à se laisser démonter pour si peu. Elle avait cette force de conviction et cette ténacité que peu de gens ont et qui, sans doute, pouvaient lui faire soulever des montagnes.

La sultane Anita l'intercepta, comme à son habitude, alors qu'elle passait près de la fontaine de la palmeraie. C'était une petite femme joviale, brune elle aussi comme beaucoup d'autres à Byzance, et qui dégageait un pétillant et une énergie folle. Sa présence, toute de soies lamées et de pierreries fines, contrastait très fortement avec celle de quiconque, aussi bien ses suivantes qui l'entouraient presque à chaque pas, comme là, ou même celle de Roshanara elle même qui faisait figure de petite silhouette brune quasi adolescente à son côté. Anita Misra incarnait la féminité dans tout ce qu'elle a de suave et de séducteur, consciente de son indiscutable ascendant qu'elle devait à sa force de caractère finalement plus qu'à son sexe. C'était sa fierté. Une autre de ses fiertés, son fils aîné, faisait l'objet de toutes ses conversations avec la fille de M'hame Al Farsi. Roshanara écoutait d'un sourire entendu et avec un brin de tendresse les derniers exploits de Sabri Misra, son ami d'enfant, fils adoré de sa mère. De temps à autre, elle accordait même un hochement de tête approbateur car, contrairement à Sabri, Roshanara avait très bien compris qu'il ne faisait pas naviguer à contre courant avec Anita, au risque de se laisser emporter avec la tempête.

« C'est peut-être lui que tu venais voir d'ailleurs, quoique ça ne me regarde pas... »

Les mains croisées dans le dos, c'est à son père qu'elle ressemblait, réservée à une écoute patiente, plus raisonnable que n'importe quel mot qui aurait pu sortir de sa bouche. Roshanara était attendrie plus qu'autre chose. Elle écoutait sa tante dérouler seule le fil de la conversation. Sans doute se pensait-elle subtile. Roshanara elle se contentait de n'être jamais ni dans le oui ni dans le non. Ainsi, elle évitait de la contrarier ou de lui donner de fausses bonnes raisons de se mêler de son inexistante vie amoureuse avec Sabri. C'était très bien ainsi.

« Je venais voir mon oncle à vrai dire... »

Bien sûr, c'était là l'occasion pour la sultane de l'accompagner et, pourquoi pas, de lui parler encore un petit peu de son fils. Ca n'était pas pour déplaire à Roshanara. Sa tante était un joyeux personnage qu'elle avait toujours eu plaisir à côtoyer. Visiblement, elle aussi avait affaire avec le sultan à cette heure-là, mais elle refusa que sa nièce reporte sa visite.

« J'ignore ce qu'il a derrière la tête mais tu - », la sultane s'interrompit alors que les gardes s'effaçaient pour la laisser se présenter devant le trône.

Autour d'elles, il y avait une assemblée d'hommes, djinns et mortels, très bien habillés de l'opinion de Roshanara, mais elle n'y connaissait rien. Il y avait aussi une femme. Rien qu'une. Roshanara ne reconnaissait personne mais sa tante avait les joues rouges et rebondies d'excitation, bien qu'elle n'ait encore absolument rien dit. Elle se contenta d'aller s'asseoir auprès du sultant, toute émoustillée et de lui glisser quelque chose à l'oreille. Roshanara quant à elle, s'assit un peu en retrait pour ne pas gêner le bon déroulement cette étrange réunion. 
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Re: Une robe de soie et de lumière

le Dim 14 Oct - 20:34



Les portes de la salle du trône s'ouvrirent devant Anita et... Roshanara. Les yeux de Rohan s'ouvrirent avec tendresse, tandis qu'un sourire plein d'amour se dessinait sur son visage. Il se leva instinctivement de son trône, retirant sa couronne pour la poser sur son siège. Il n'avait qu'une envie, c'était de serrer sa nièce dans ses bras. Il ne savait plus quand c'était la dernière fois qu'il l'avait vu, mais cela datait. Le sultan n'avait pas de fille, mais Roshanara, c'était tout comme. Elle était la fille d'Al Yad, de M'hamed Al'Farsi, probablement le Djinn le plus respecté du peuple féérique.

Rohan prit les deux mains de sa femme dans les siennes avant de l'embrasser avec douceur, puis il se tourna vers sa nièce, et il la saisit avec force contre son sein, la levant du sol sans faire exprès. Il la reposa au sol, avant de lui embrasser le front, et il lui dit :
- « Ta venue me fait plaisir, ma fille ! Il la contempla avec douceur, puis il la lâcha, avant de se tourner vers sa femme, dont il prit la main avant de s'approcher d'elle. Il reposa son attention sur sa nièce, et il lui demanda : Je vais juste te demander d'attendre un peu afin de ne pas faire attendre nos invités. »

Il se recula des deux femmes pour s'approcher des couturiers qui inclinèrent la tête avec politesse. Rohan eut un sourire, mettant les mains dans son dos avant de prendre la parole.
- « Grâce à Dieu, et à vous, la Cité d'Istanbul rayonne. Elle s'est relevée du jour noir, et brille désormais comme un phare dans la région. Maintenant que la sécurité est assurée et que la ville est sûre, vous avez pu constater que depuis quelques années, nous organisons divers projets pour animer les lieux afin de redonner vie à ces pierres qui nous entoure. Ainsi, l'idée m'est venu d'organiser un évènement sur la couture. Nous avons d'excellents couturiers dans la ville, et il me fallait vous le faire savoir ! Les gens de la Cité ainsi que de la cours font appels à vos talents depuis de nombreuses années pour certains. Je souhaite donc réaliser une journée d'exposition de vos talents. Le vainqueur deviendra le couturier officiel du Palais pour un an. L'exposition dont vous jouirez ce jour, vous permettra très certainement d'attirer une nouvelle clientèle dans vos locaux.  
Le sultan inclina légèrement la tête vers les couturiers, avant de faire venir, d'un geste de la main, un des gardes qui leur mit en main un parchemin. Dedans figure les détails nécessaires pour le bon déroulement de cette évènement. Date, thèmes, lieux, etc. Il sourit, puis il ajouta : Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne journée. Que le meilleur gagne ! »

A nouveau, il inclina de la tête, avant de regarder sa femme et sa nièce. Les gardes ouvrirent la porte de la salle, indiquant que l'entrevue était terminée. Une fois que tous furent partis, Rohan regarda sa femme, et il lui dit : « Alors ? T'en penses quoi de cette idée ? »

Rohan se doutait bien qu'elle allait sûrement exploser de joie. Elle avait une passion pour le tissu qu'il ne comprenait pas. Il aimait les jolies pièces, bien entendu, mais pas comme Anita.

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Re: Une robe de soie et de lumière

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