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I'll follow this sweet road.

le Mer 28 Avr - 23:12

Il n'avait pas cillé une seule fois. Il n'avait rien laisser perturber le doux sommeil de Moëris, et quand il l'avait sentie loin, sa minuscule main toujours serrée sur l'un de ses longs doigts, il s'était égaré un moment. Il l'avait contemplée comme il y avait bien longtemps une de ces fleurs des champs qu'il avait tant aimés pour leur beauté toute simple. Elle était simple Moëris dans sa robe blanche qui collait un peu à sa peau. Mais il ne s'était pas perdu trop longtemps. Il n'avait juré de rien d'autre que de protéger les Dieux dans leur sommeil, mais cette simple promesse lui avait lié le corps et désormais il y avait tant de chose qu'il se serait interdit. Il ne s'interdisait pas d'aimer bien sûr. C'aurait été ridicule quand on savait que l'amour l'avait toujours porté lui, peu importait sous quelle forme. Mais il s'interdisait de la regarder de cette façon là. Pour ne pas avoir trop mal ensuite. Il aurait aimé connaître ce loup qui avait eu le coeur de Moëris. Par curiosité.

La nuit commençait à pâlir, mais il ne bougeait toujours pas. Géant de pierre à côté d'elle. Il s'amusait de la brise légère qui elle osait glisser ses mains dans les cheveux blond de Moëris. Mais il ne la réveillait pas. Du moins pas avant que les rayons du soleil ne viennent caresser sa peau. Alors d'un voix douce il annonça:

« Moëris, lève toi. Partons sur ses chemins que tu languissais tant hier. Partons avec que les autres ne te cherchent. »

Quels oiseaux étaient-ils pour s'enfuir à l'aube comme deux adolescents complices et secrets. Ils partaient sans rien. Mais comme Moëris l'avait dit, il faisait beau. Il ferait chaud. Et le chemin serait bon. Il lui laissa le temps de se lever, lui demanda si sa nuit avait été douce, puis ils prirent le chemin qui s'enfonçaient dans la forêt droit devant eux. S'aidant de ses mains, Egregor s'était relevé. Il avait étiré un peu son dos, comme il pouvait. Mais il ne pouvait pas se redresser complètement. Une chance peut-être car à le voir si grand le dos courbé, on eut guère voulu savoir quelle taille il faisait réellement. A côté de Moëris, il réduisait sa foulée autant que possible car avec un seul de ses pas qui valait bien trois pas de Moëris en quelques mois ils se seraient retrouvé chacun d'un côté de la frontière. Pourtant il ne se plaint pas, il ne dit rien. Il avait l'air heureux, si tant est qu'on puisse avoir l'air de quoique ce soit avec une figure comme la sienne, sinon d'un monstre. Il humait l'air qui sentait bon la résine de cèdre et s'enquit :

« Marchons au hasard veux-tu? Comme ça nous laisserons surprendre par le chemin au fur et à mesure que nous avancerons. Puisque nous ne craignons rien ni personne... »

Il avait à la main un grand sac de toile contenant tout ce qu'il possédait. Un livre. Mais un livre d'une valeur inestimable.

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Re: I'll follow this sweet road.

le Mer 28 Avr - 23:57


La nuit était tombée sur elle, et comme elle n'avait aucune peur, et qu'elle sentait la peau rêche sur sa main, elle ne se réveilla pas et dormit comme un loir. Pas de sa mère, au visage terrible, ni sa sœur aux marques rouges de sang pour symbole de guerre, et enfin son père, le visage dur et les cheveux blancs de cendre. Il était beau, cet homme, fort aussi. Il avait été le plus difficile à tuer. Le dernier également avant qu'elle ne revienne vers Egregor, effondrée et révoltée à la fois. Comment n'aurait-elle pu l'être après tout? Elle avait le sang de son père sur les mains. La blonde avait les yeux rouges d'en avoir trop fait couler. Elle avait une rivière de sang au pieds. Elle avait arraché les ailes d'un canard pour s'en faire des ailes d'ange. Elle avait tordu un néon jaune pour s'en faire un halo. Un ange? Mais bien sûr. Elle était un diable bien caché, aux yeux d'ange. Elle était tout simplement horrible, elle le savait. Mais la bise se lève, et elle sourit doucement, en se sentant bercée par la voix d'Egregor...

« Moëris, lève toi. Partons sur ses chemins que tu languissais tant hier. Partons avec que les autres ne te cherchent. » Elle ouvre un oeil, et regarde alors ce visage, avec un sourire calme.
« Mes songes furent si doux... mais l'heure est l'heure. »

Elle se leva avec grâce, alla jusqu'à la rivière et but un peu d'eau, s'en mouilla la nuque et eut un petit rire, en voyant dans le grand lac une truite qui fuyait. Moëris avait besoin de peu, mais ce peu était déjà beaucoup. Elle se lava le visage à même l'eau, trempant alors ses pieds avant d'enfiler à nouveau ses bottes et serrant un peu plus sa ceinture. Elle attacha ses cheveux en une queue haute, afin qu'elle ne la gêne pas, et prit la route dès le petit matin. Dans son sac, elle sortit une pomme. Ce n'était pas vraiment dans ses habitudes que de manger peu le matin, mais elle n'avait pas envie de s'arrêter maintenant qu'elle était partit. Pour la première fois de sa vie, elle quittait sa vie monotone. Elle n'allait pas s'inquiéter pour qui que ce soit. Ils iraient tous très bien sans elle. Vraiment.

« Marchons au hasard veux-tu? Comme ça nous laisserons surprendre par le chemin au fur et à mesure que nous avancerons. Puisque nous ne craignons rien ni personne... »
« Je te suis, mon beau Egregor. Qu'importe là où nous allons, tant que nous sommes deux. »

Elle avait un grand sourire, un sourire qui brille d'avoir trop de sentiment. Elle avait l'air clair d'une étoile dans un ciel déjà clair. Elle brillait plus que cela. Elle était belle, comme un ange, mais son regard d'ambre choquait derrière ses cheveux blonds. Elle jouait avec une de ses mèches, tic qui lui venait de bien loin. Pendant longtemps, Moëris avait été considéré comme une bâtarde d'avoir les cheveux blonds quand ses parents avaient les cheveux blancs. Elle avait les yeux d'ambre et rouge de Seth, aussi elle n'était pas si bâtarde que cela, elle qui fut la doyenne des loups sans compter Egregor. Même génération, même tribu, même enfance. Elle l'avait vu avec les rousses et les brunes, ces femmes sans moeurs qui offraient leur corps sans amour. Superficielles, toutes. Moëris les avait détesté, toutes. Même sa propre soeur, qui regardait avec un regard qui dévore les hommes. Et Egregor. Moëris avait jalousé cette femme qu'elle avait honni de tout son coeur, et quand elle l'avait tué, elle avait souffert d'avoir cru que la haine guérit de l'amour. Oh non, elle aimait sa sœur malgré tout, et elle avait pleuré malgré tout. Elle écoutait la nature. Elle se rappelait d'un homme beau qui mit genoux à terre et fit fleurir la plus belle des fleurs dans le ventre du désert. Cet homme, ce grand Seth, avait le coeur bon. Egregor aussi, mais il n'avait pas cette folie meurtrière, quoi qu'il eut cet amour inconditionnel aussi. Elle le voyait. C'est ce qu'elle avait aimé en lui, depuis toujours. Cet amour des petites choses. Elle aussi aimait, mais parfois, quand la colère déchirait son coeur, elle oubliait son coeur pour des choses futiles. Elle savait ses défauts. Elle cherchait quelqu'un pour les contenir, mais jamais personne ne lui donna cet occasion. Elle marchait avec légéreté, et regardait ce géant, puis fit la moue, en se rendant compte que le pauvre se restreignait.

« Ne veux-tu pas que je marche plus vite? » Elle eut un sourire amusé. « Il fut un temps où je te battais à la course... Je suis nostalgique. Maintenant, même mes pas me trahissent. Ils me réduisent à nouveau... »

La mélancolie qui revient, sans cesse, mais elle se reprit vite. Elle eut un sourire timide, et se frappa un peu le front, abusée.

« Pardonne moi. Je parle de trop, sans doute? »

Elle se gratta la tempe, un peu gênée.

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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 0:22
« Je te suis, mon beau Egregor. Qu'importe là où nous allons, tant que nous sommes deux. »

Egregor éclata d'un grand rire. Cela aussi lui était resté. Malgré sa figure qui se déformait horriblement sous la moindre expression, si on ne l'avait pas regardé, on eut cru entendre le beau Egregor qu'avait connu Moëris et qui n'existait plus désormais. Il ne le prit pourtant pas comme une moquerie, il savait que ça n'en était pas.

« Moëris avec tout le respect que je te dois, je crois que tu n'as aucun goût en matière de loup. Ou alors est-ce que tu vois les yeux fermés? »

Il riait comme un adolescent, lui aussi revivifié par ce nouveau départ qu'ils prenaient ensemble. Par moment il en oubliait de ne pas marcher à trop grand pas et se réfrénait tout d'un coup, par courtoisie. Rien ne semblait plus jamais lui peser. Il était de son avis. Qu'importait puisqu'ils étaient deux. Le monde pouvait s'arrêter de tourner, eux avaient décidé qu'ils repartiraient, avec des yeux neufs et des corps plein d'énergie. Au bout d'un petit moment, il remarquait qu'elle avait découvert la supercherie. Il n'avait pas une foulée naturelle il fallait bien le dire et c'était bien pire quand il s'imposait des pas minuscules à ses yeux.

« Ne veux-tu pas que je marche plus vite? Il fut un temps où je te battais à la course... Je suis nostalgique. Maintenant, même mes pas me trahissent. Ils me réduisent à nouveau... »
« Mais nous étions enfants alors. Il faut bien pour moi qu'un jour je te batte aussi à la course. Et d'ailleurs... qu'en sais-tu? Ce n'est pas ton corps qui te trahi c'est le mien qui triche. Quand nous étions petits et que tu battais les autres garçons, ils essayaient de tricher et je me moquais d'eux. Tu devrais plutôt te moquer de moi et non pas accuser tes pas. Veux tu faire la course?», demandait-il le coeur malicieux bien que son visage n'exprima rien de différent.

« Pardonne moi. Je parle de trop, sans doute? »
« J'ai plaisir à t'entendre parler Moëris. Sauf quand tu es mélancolique, cela me brise le coeur. Veux tu bien faire la course avec un tricheur alors? Je te laisserai fixer les règles. »

Le monstre était sérieux. C'était sûr, son corps si laid fut-il partirait nettement avantagé mais il le proposait pour le seul plaisir du jeu. L'issue n'avait pas d'importance. Il voulait qu'elle quitte ses objectifs de guerrière, qu'elle laisse l'enfant revenir un peu. On l'avait trop longtemps chassée cette petite fille. Il fallait qu'elle s'exprime enfin. A nouveau.
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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 0:53


Comme il riait, elle ria aussi, et se frotta la tempe un peu gênée. C'est qu'elle parlait sans cesse sans réfléchir, par pur envie de sortir ses quelques mots. Il aimait cela visiblement, ou tout du moins n'avait il pas la même réalité qu'elle. C'est que Moëris ne voyait pas avec les yeux, mais avec l'âme. Et l'âme d'Egregor était de toutes la plus belle qu'elle n'est jamais connue. Même Kharon d'Arcadie, dont on disait qu'il était le plus pacifique et le plus doux. Soit. Mais Egregor, en plus de cela, possédait aussi l'ouverture d'esprit. Elle le regarda, un peu gêné.

« Moëris avec tout le respect que je te dois, je crois que tu n'as aucun goût en matière de loup. Ou alors est-ce que tu vois les yeux fermés? » Elle le regarda, et éclata à son tour de rire, mais cette fois-ci d'elle même, et rougit un peu. Elle haussa les épaules, avec nonchalance. « C'est que je ne regarde jamais d'abord l'apparence physique. J'ai appris avec les siècles qu'une apparence n'est qu'une apparence, et que je préfère à mes côtés le plus sale de tous les crapauds, tant est que celui-ci chante comme un rossignol à la compagnie du plus beau des étalons, sale comme un cochon. »

Elle eut un sourire sincère, et zyeuta son étrange démarche. Pourquoi avait-il à se restreindre quand elle lui avait dit qu'elle le suivait, et non pas l'inverse. Elle fit la moue, à la fois moqueuse et amusée, et finalement souffla, au bout d'un petit moment (quelle odieuse supercherie en passant):

« Ne veux-tu pas que je marche plus vite? Il fut un temps où je te battais à la course... Je suis nostalgique. Maintenant, même mes pas me trahissent. Ils me réduisent à nouveau... »
« Mais nous étions enfants alors. Il faut bien pour moi qu'un jour je te batte aussi à la course. Et d'ailleurs... qu'en sais-tu? Ce n'est pas ton corps qui te trahi c'est le mien qui triche. Quand nous étions petits et que tu battais les autres garçons, ils essayaient de tricher et je me moquais d'eux. Tu devrais plutôt te moquer de moi et non pas accuser tes pas. Veux tu faire la course? » Elle souffla. La course? … bien sûr que non.
« Pour te battre, mon pauvre Egregor? Oh non. Je ne veux pas t'affliger d'une telle défaite... »

Petit silence rapide. Elle haussa un sourcil, et eut un sourire.

« Pardonne moi. Je parle de trop, sans doute? »
« J'ai plaisir à t'entendre parler Moëris. Sauf quand tu es mélancolique, cela me brise le coeur. Veux tu bien faire la course avec un tricheur alors? Je te laisserai fixer les règles. »

Elle réfléchissait alors, et finalement s'arrêta, haussa un sourcil avec un petit sourire moqueur.

« Tu voudrais me défier, moi… ? » Moëris la blonde eut un petit rire, et posa son sac sur le sol. « Je te préviens, je ne t'épargnerais pas, alors ne m'épargne pas. Si j'ai à perdre, alors je me rabattrais sur le fait que tu triches. »

Elle se retourna et retira sa chemise de lin blanche, puis fit glisser de même son pantalon. Nue? Et sans pudeur, sans gêne. Elle retira ses bottes et mit le tout dans le sac, puis grimaça un peu. Combien d'années? … oh. Loin, très loin la dernière fois que ses os avaient craqué de se changer. Elle poussa un petit hoquet de surprise. Trop longtemps. Les vertèbres reformaient et ses pattes fortes, une grande louve blanche et aux yeux rouge sang prenait place au milieu de la forêt. Les oreilles droites, elle regarda Egregor, recula d'un pas, et sans demandait son reste, attrapa son sac en gueule et se mit à courir comme une dératée à travers les troncs. Si les ronces griffaient sa peau, rien n'aurait pu l'arrêter. Elle bondissait de haut saut, comme elle faisait dans le passé, avec la fougue d'une jeunesse retrouvée. Le pelage luisant, la bise caressait la carcasse de poil blanc. La longue queue fournie lui servait de gouvernail quand il fallait pointer au bout d'une course effrénée. Elle ne voyait plus que la route droite devant. Seulement, à ce même moment, un tir résonna dans la forêt. Le geste de la louve se suspendit, en arrêt. Ses oreilles se tournèrent. Proie repérée. Un long frisson remonta la carcasse de la bête. C'est que Moëris n'avait rien à voir avec les nouveaux lycanthropes, les « jeunes ». Elle était de l'ancienne espèce, avec un poitrail digne d'un lion, la crinière blanche et hirsute donnant un côté « bête du Gévaudan » à la magnifique bête albinos qui prenait place, comme une tâche crue, dans le paysage. Elle retroussa doucement les babines. Le sac tomba sur le sol. Odeur de sang. Odeur de chair déchirée. Odeur de chiens enragés.

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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 14:18
Il sourit doucement pour lui même en l'entendant dire que l'apparence physique ne comptait pas. Beaucoup de gens le disait. Peu arrivait à se tenir réellement à ce principe. Egregor lui le croyait. La beauté n'était qu'un agrément. Il souriait intérieurement parce qu'il savait que quand Moëris le disait, elle le pensait. Aurait-il pu en douter quand elle pouvait s'endormir à côté de lui, tenir sa main, ou apprécier simplement sa présence? Sans doute pas.
Mais la mélancolie revenait et avec elle les traits si de la tristesse. Egregor proposer un jeu d'enfant:

« Pour te battre, mon pauvre Egregor? Oh non. Je ne veux pas t'affliger d'une telle défaite... »
« Que tu crois... »', se moquait-il, « Je me suis beaucoup amélioré depuis la dernière fois que tu m'as perdu dans les prés de colchiques. »

Il avait toujours eu une mémoire du détail assez peu banale. C'était que les détails étaient bien souvent plus intéressant à ses yeux que tout le reste et à ne pas voir les détails, on finissait par ne plus rien voir du tout. Il était d'humeur joueuse et quelque part, il savait que Moëris le serait également pour peu qu'elle s'y laisse entraîner.

« Tu voudrais me défier, moi… ? »
« Et pourquoi pas? » ', fit-il pour toute réponse à ce joli rire qu'avait Moëris.
« Je te préviens, je ne t'épargnerais pas, alors ne m'épargne pas. Si j'ai à perdre, alors je me rabattrais sur le fait que tu triches. »
« Faisons cela.

Il était heureux à cet instant. Le jeu n'était pas si puéril. C'était une façon pour eux de se libérer des chaines qu'on leur avait donné, de leurs responsabilités tant pesantes qu'obsolètes. Les enfants de Moëris étaient tous devenus des parents, ou même des grands parents pour certains. Et qui, en ces heures d'impiété aurait encore cru en Seth et Caïn. On ne croyait même pas que lui, Egregor, l'egregor fut autre chose qu'une légende. On le raconter aux petits enfants pour qu'ils soient sages et il était devenu une espèce de croquemitaine. Ca le faisait rire encore intérieurement. Qu'on l'oublie un peu, il ne s'en porterait que mieux.
Comme il pensait tout ceci, Moëris avait posé son sac et dévêtu chemise et pantalon, sans même prendre la peine de se cacher. Elle n'était pas pudique. Egregor, lui l'était. Pas pour lui bien sûr, il ne portait qu'un vieux pantalon de cuir léger qui n'avait même plus de couloir. Pourquoi se serait-il caché dans des vêtements? Il n'en aurait été que plus grotesque en plus d'hideux. Mais il avait de la pudeur à voir une femme nue, parce que lui savait bien que dans le fond s'il avait le corps d'un monstre, il avait le coeur et le cerveau d'un homme, prompte à éprouver les désirs les plus instinctifs, les plus naturels. Mais sa condition le disposait mal pour ce genre de chose car ni son physique, ni sa nature bienveillante ne lui aurait obtenu les faveurs d'aucune femme. Il ne les aurait jamais eu de bon gré et il n'aurait jamais contraint qui que ce fut. Il détournait donc les yeux, respectueux autant que prudent. C'était mieux ainsi.
Il patienta pour retrouver cette splendide louve aux yeux andrinople qu'il n'avait plus jamais espéré revoir. Elle saisit son sac dans sa gueule et partit tout d'un coup sans prévenir. Il sourit cette fois franchement puisqu'elle lui faisait dos et se lança à sa poursuite. Il aurait pu tricher encore d'avantage. Ses mains assez grandes pour saisir les troncs d'arbres comme des perches et ses pattes de loup, complètement glabres, pour le propulser puissamment. Il aurait presque volé au dessus de Moëris mais ça n'aurait pas été fairplay. Il se mit à courir derrière elle est la rattrapait sans grand mal. Epaule contre épaule, il prendrait très vite l'avantage mais un coup de feu retentit et tout deux se stoppèrent dans leur élan, regardant dans la même direction.
Egregor la regarda. Puis il ramassa le sac qu'elle avait laissé tombé. Une idée lui venait et il partit d'un grand rire et se mit à foncer dans la direction du chasseur qui était encore hors de vue. Il n'aimait pas les artifices des chasseurs modernes, c'était trop facile. Quand il déboula dans une clairière, quatre chiens de chasse le regardèrent interdit. Le chasseur n'était pas encore arrivé jusqu'à eux et il n'eut que la chance d'entendre ses quatre bêtes revenir vers lui avec des kaï terrorisés, la gueule entre les pattes. Voilà comment il perdit son gibier. Egregor ravi de son tour, jeta un coup d'oeil à Moëris. Devant eux, un énorme qui faisait bien ses deux cent kilos. Magnifique bête. Le monstre posa un genou à terre pour pouvoir le caresser. La fourrure était belle, sans défaut. Sans doute très douce, bien que lui ne sentait pas vraiment. Il porta la main à sa poche est en sorti un couteau à lame plate. Puis il posa rendit son sac à Moëris.

« Avec ça nous aurons un lit agréable pour toi et le jour un grand sac. Je ne mange pas de viande alors, nous pourrions tout de même laisser ça au chasseur qu'en dis-tu?»

Il avait commencé le travail de dépeçage, à deux ils iraient bien vite et le chasseur n'aurait pas encore retrouvé sa bête qu'ils seraient déjà partis, satisfaits de la blague qu'ils lui auraient faite. Ils pouvaient s'amuser de rien. Jouer les fantômes des bois. Les éternels marcheurs. Ils pouvaient être et faire tout ce que bon leur semblerait.
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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 15:43


Elle était taquine, mais plus vraiment arrogante. C’était joueur, tout au plus. C’était qu’elle avait grandi, et qu’elle savait qu’il valait mieux se taire que de se vanter de quelques mérites que ce soit. La modestie était toujours de mise, surtout quand elle savait qu’elle allait perdre cette fois là. Pour sûr d’ailleurs. Elle n’y aurait pas mis sa main à couper.

« Pour te battre, mon pauvre Egregor? Oh non. Je ne veux pas t'affliger d'une telle défaite... »
« Que tu crois... Je me suis beaucoup amélioré depuis la dernière fois que tu m'as perdu dans les prés de colchiques. »

Elle le regarda, un instant, et se rappelait en effet. C’était loin maintenant, et si Moëris s’en souvenait, c’est car bien des nuits elle s’était surprise à rêver de cette vie passée et finie, qu’elle avait enterré de ses propres mains. C’était fini. Elle eut un petit rire, les canines trop épaisses auraient pu faire peur, mais cela donnait à la petite bouille blonde l’apparence de quelques petits démons, d’un dessin animé japonais, trop exagéré pour être pris au sérieux. Si seulement.

« Tu voudrais me défier, moi… ? »
« Et pourquoi pas? »
« Je te préviens, je ne t'épargnerais pas, alors ne m'épargne pas. Si j'ai à perdre, alors je me rabattrais sur le fait que tu triches. »
« Faisons cela. »

Bien sûr, qu’elle le ferait ! Elle le regardait, et pendant qu’il pensait, elle se tourna. La robe de lin dévoila seulement un dos blanc, à l’échine courbe et bien tracé, au hanche fine et svelte, une chute de reins dont on disait, en Thessalie, qu’elle valait bien celles des reines de Macédoine qui étaient parmi les plus belles du monde. La ceinture défaite, le pantalon glissa. Moëris n’était pas une nymphe d’un autre âge, elle était une Artémis à l’arc flamboyant, une de ses chasseresses à l’œil aiguisé et au caractère fort. Moëris la Blanche, dont on disait que son seul regard vermeil donnait envie de mourir, plutôt que d’être dévoré. C’était qu’elle n’avait pas les yeux de ses paires, mais davantage de ses aïeux. Elle avait le sang de Seth dans les veines, et fallait-il dire que c’était grâce à lui que ses yeux changeaient de couleur comme on change de saison ? Si l’air devient froid, les yeux de la belle deviennent de glace, mais si le vent souffle, alors ils deviennent gris. Qu’importe, la bise caressa son corps nu et droit, statique même. Les membres finement musclés se bandèrent alors, et elle tomba à genoux. Nul n’aurait pu voir le corps se changeait, car il n’y eut qu’un seul craquement d’os terrible dans l’air, alors qu’elle retombait sur le sol, sur ses quatre pattes puissantes, dans son pelage de nacre blanc. Elle le regarda, et comme il était tourné – sans doute la pudeur – elle eut un petit rire qui se transforma, dans sa gorge, en un couinement de hyène. Du lion, du renard, de la hyène ou du loup, on aurait su lui trouver mille apparences à cette chienne aux pattes puissantes et à l’œil vif. Le regard carmin se posa sur Egregor, comprit qu’il n’était pas prêt. Qu’importe, le jeu était lancé. Elle bondit en avant, rapide comme un lapin si ce n’est plus, tentant de prendre autant d’avance qu’elle le pouvait sur cet être gigantesque, qui aurait bien eut la facilité de voler au dessus d’elle. Elle gardait l’œil vif, rapide, guettait les moindres mouvements, et finalement… PAN.
Le bruit résonna dans la forêt, et elle s’arrêta, en arrêt. Les oreilles droites, le regard qui scintille et les yeux brillant couleur de sang, elle sentant l’odeur de la poudre dans un frisson sinueux. Les armes à feu, la baïonnette de sa race. Une torture qu’on imposait pourtant à tous les genre de bête. La louve semblât surprise et dédaigneuse à la fois, comme rappelait à la dure vie des siens, mais Egregor la regarda, ramassa le sac, et repartit. Elle le regarda, un instant, puis finalement le suivit, n’ayant pas bien compris ce qu’il cherchait à faire, à voir, ou encore où allait-il comme ça. Fuir ? Pas vraiment. Le chasseur était trop loin, et la clairière d’où le sang provenait trop prêt. Elle le suivit d’un pas calme et posé, prudent même, puisqu’elle n’aimait pas se sentir épié. Pas question de se faire tirer comme un vulgaire lapin. Pas à son âge ! Elle n’avait pas vécu plus de deux millénaires pour qu’on ose lui tirer dessus avec de la poudre ! Elle resta en arrière, et regarda les quatre chiens de chasse rebroussaient chemin. Elle pencha la tête, les oreilles droites, et Egregor la regarda. Le sang… et une carcasse pour dernier forfait d’un jeu puéril. Elle sembla sourire comme ses babines s’étiraient, amusée. Elle se rapprocha. La bête était morte vite, une balle dans le crâne profondément logeait. Par habitude, on ne tuait pas une bête de cette façon. On la blessait pour mieux l’achever. C’était déjà bien de voir qu’on avait respectait la rite qui veut qu’on n’inflige aucune douleur à la victime. Rite perdu chez les stupides humains.

« Avec ça nous aurons un lit agréable pour toi et le jour un grand sac. Je ne mange pas de viande alors, nous pourrions tout de même laisser ça au chasseur qu'en dis-tu? »

Elle s’était changée, très rapidement, mais à côté de la louve qui semblait immense derrière son long pelage, Moëris ressemblait alors, en tant qu’humaine, à une pauvre adolescente, aussi fine que haute. Elle enfila aussitôt un vêtement qu’elle eut pêchée au hasard, et ce n’était rien d’autre que ça fameuse chemise de lin, qui tombait bas sur ses cuisses. Bien, ça suffirait. Et si le lin blanc était tâché, alors ce ne serait pas grave. Elle sortit du même sac un glaive fin et long en os blanc, de quelques bêtes du passé, et aida au dépeçage, sage comme une image. Cette histoire de chasseur l’avait refroidi. Il n’aurait pas fallu qu’elle croise de vrais chasseurs. Ça la mettait toujours dans une colère noire, et finalement la faisait pleurer seule dans le noir, comme une idiote. En somme, pas quelque chose de vraiment amusant.
La lame allait et venait entre la peau et les os, dégageant la graisse et la chaire de la peau. Elle allait vite, par habitude, car jeunes, tous avaient appris comment s’habiller de peu de chose, et encore aujourd’hui, elle savait tailler un arc et faire des nerfs des cordes, et des bois bien des choses. C’était qu’elle était douée de ses mains, mais dans son camp, quel intérêt ? Elle regarda Egregor, et quand la peau fut finie, lui souffla :

« Il vaut mieux partir avant qu’il ne nous voit… »

Ce n’était pas tous les jours qu’on croisait une femme habillée d’une robe blanche tâchée de sang et de graisse, et un … monstre hideux pour compagnon. N’est-ce pas ?



Dernière édition par Moëris le Jeu 29 Avr - 22:22, édité 1 fois
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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 19:28
Le chasseur avait perturbé leur jeu mais au final, rien ne les avait véritablement détourné de leur projet. Contente de sa blague inoffensive, Egregor s'attaquait au dépeçage, sans penser à Moëris et son corps de femme nue derrière lui. Puis comme ils s'y mettaient à deux, le cuir fut bien vite arraché aux beaux muscles rouge vifs. Quelque part ils rendaient presque service bien que le chasseur y verrait surtout qu'on l'avait volé. Qu'importait. Egregor était bien loin de penser ainsi. Il n'avait jamais aimé tuer, pas plus qu'il avait aimé ceux qui tuaient. Il aurait pu haïr Moëris pourtant, ce sentiment là ne s'était jamais attardé sur son coeur. En la voyant faire il avait su pourquoi elle levait l'épée et c'était simplement remis en question. A juste titre.
Quand il avait ouvert la bouche sur les armées du roi Oenedys, il n'avait fait que rompre les colonnes fragiles d'hommes sans moral, sans scrupule, la plupart avide de richesse. S'ils avaient su pauvres fils d'Adam que les tombeaux des Dieux ne contenait que des corps et des pierres, précieux aux yeux d'Egregor certes mais pour eux, sans aucun intérêt. Ils avaient imaginé des montagnes d'or et de pouvoir, des rivières de diamants et d'émeraudes, là où il s'y avait que des chaînes et des songes brumeux. Alors il les avait tous dévoré. C'était la toute dernière fois qu'il avait tué d'ailleurs et pour cela, il avait longtemps pleuré pour le salut de ces âmes qu'il avait libérée. Il avait eu espoir que dans leur élévation ils puissent véritablement s'élever et quitter leurs vices et leur superficialité. Un bien faible espoir mais...
Voilà que ses rêveries l'avaient encore entraîné à bien des siècles de là.

« Il vaut mieux partir avant qu’il ne nous voit… »

Il se releva, pliant la peau encore grasse et fit signe à Moëris. C'était entendu. Ils reprenaient la route, s'enfonçant dans la forêt. La Nature était pleine de vigueur, et l'odeur de la sève des arbres embaumait tout autour d'eux. Il n'y avait que les oiseaux pour remplir l'endroit de leurs pépiements joyeux. Ils marchèrent longtemps et comme la nuit tombait ils sortirent de la forêt et se retrouvèrent dans une plaine. Leurs longues conversations leur avaient fait oublier le temps et voilà qu'un croissant de lune se levait déjà à l'horizon. Egregor proposa qu'ils fassent halte dans un creux vallonné. Un nid herbeux dans lequel ils disparaîtraient pour la nuit, veillé par les collines alentours. Il se mit à gratter l'envers du cuir de cerf avec son couteau, pour enlever le peu de graisse qui y était restée collée. Puis il frotta encore la peau avec de la terre avant de l'étendre au sol bien large pour Moëris.

« As-tu passé une bonne journée Moëris, avant de t'en retourner au pays des rêves? », demanda-t-il toujours debout, comme s'il allait passer la nuit ainsi près d'elle. A la veiller.

Mais finalement il se laissait tomber sur ses genoux puis s'allonger dans l'herbe, sur le côté, un peu recroquevillé sur lui même. Mais même ainsi, à la faveur de l'obscurité on aurait dit une montagne. Il avait appris à dormir ainsi, sur le côté, puisque ce coprs là ne lui permettait plus de dormir sur le dos, les yeux vers les étoiles, comme il avait toujours aimé.
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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 22:19


« Il vaut mieux partir avant qu’il ne nous voit… »

Comme il écoutait, elle le suivit sans un mot. Dans la petite bise qui s'était levée, elle sentit l'odeur de la poudre qui s'avançait, mais la quittait le coeur léger de ne pas avoir eut à tuer. Elle essuya sans gêne et sans crainte la lame de nacre dans sa robe. Elle était tâchée, elle était finie. Mais au prochain village, elle vendrait un beau rubis et pourrait s'en racheter une nouvelle, ou encore du lin afin de tresser sur la route. Moëris était douée de ses mains, car elle appartenait à une race qui avait toujours vécu en autarcie, et elle même avait du vivre par elle même et avec elle même durant plus d'un siècle, étant la dernière de son espèce. Ces années là furent longues et douloureuses pour elle, et elle pleurait sans cesse la perte de ses proches, alors que c'était à elle qu'on devait le génocide.
Mais l'idée du sang la quitta quand Egregor engagea la conversation, et comme Moëris aimait – comme les plus petits rossignols – parlaient beaucoup, elle la lui tint longtemps, si bien qu'au petit soir, le ciel alors noir habitait par la seule Lune Magnifique. La Blanche suivit l'Egregor jusque dans le creux que Mère Nature avait forgé dans la terre, et Moëris apprécia la verdure et la bonne odeur de cèdre. Elle le laissa faire pour la grande peau, et se retira un peu dans la forêt seule. Elle retira la robe tâchée, la trouvant sale et mal odorante, et alla se baigner dans un petit torrent, qui passa par là. L'affaire d'entrer dans l'eau froide, de la laisser rougir la peau chaude de la louve, et d'en ressortir comme n'importe qui. Les yeux d'ambre se posèrent sur le sac, et elle se sécha au petit vent du soir, pour finalement s'habiller de ses éternelles bottes, de son pantalon de cuir et d'une tunique arabe du siècle dernier, d'un noir corbeau. Elle ressemblait à un corsaire d'une autre époque, et pourtant appartenait à celle qui se passait, sous ses doigts.
Elle revint au camp, et vu que Egregor avait posé la lourde peau. Elle eut un sourire, et posa son sac près de la peau. Elle le regardait, et se demanda ce qu'il cherchait.

« As-tu passé une bonne journée Moëris, avant de t'en retourner au pays des rêves? » Elle eut un sourire doux.
« J'ai écouté la nature en compagnie d'une bonne âme. Elle ne peut qu'être bonne. Et la tienne, Egregor, fut-elle agréable? »

Il se laissa tomber sur le sol, se mit de dos. Elle le regarda, un instant, comme une enfant qui espère de son parent qu'il pose un regard sur elle, mais rien de vint. La jeune fille se coucha dans la couche, ferma les yeux, mais le sommeil ne venait pas. Elle ne pouvait pas dormir sur le côté. Chose étrange. Elle se mit sur le dos, regarda la lune, et bougea ses pieds pour se calmer. C'était un tique, une manie d'il y a longtemps. Déjà quand elle était jeune, il fallait qu'elle bouge ses orteils pour s'endormir. Mais ça ne marchait pas. Alors elle tira silencieusement – et le plus discrètement possible sur la peau – et tendit la main. Il ne la sentira pas tellement elle était légère, mais les doigts de Moëris effleurèrent la peau de son dos, pas dans un geste déplacé. Elle avait juste besoin de sentir qu'il était là. Comme une enfant qui tiendrait l'oreille de sa mère, ou la main de son père dans son sommeil, Moëris s'endormit paisiblement, main posée sur la peau épaisse du géant.

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Re: I'll follow this sweet road.

le Jeu 29 Avr - 23:02
« J'ai écouté la nature en compagnie d'une bonne âme. Elle ne peut qu'être bonne. Et la tienne, Egregor, fut-elle agréable? »
« Elle fut belle et heureuse. »

Il restait simple même dans sa façon de parler. Il y avait si longtemps qu'il n'avait pas tenu la moindre compagnie, ni ri, ni joué comme ça. Et pour une fois, en tombant à genoux ce soir là, il n'eut pas cette étrange amertume. Pour lui qui avait toujours été debout, enfant comme fier guerrier, tomber à genoux était pire qu'un coup de fouet par lequel il devait passer chaque fois qu'il voulait s'abaisser vers le sol, s'assoir ou s'allonger. Mais ce soir là, il n'y pensa même pas. Il avait le coeur léger et l'esprit libre.
Derrière lui il l'entendait bouger ses orteils et se retourner. Elle semblait ne pas trouver le sommeil et lui, montagne de muscles parfaits et pourtant parfaitement repoussant, ne voulait pas se retourner de peur qu'elle n'emporte sa face de cauchemar avec elle dans ses rêves. Pourtant, au bout d'un petit moment, sans qu'il ne sache pourquoi, elle sembla s'apaiser et il sentit qu'elle s'endormait. Alors il ne bougea plus, osant à peine respirer et finalement il s'endormit à son tour, le grand sac contenant le livre lui servant d'oreiller jusqu'à l'aube suivante. La caresse du matin le réveilla puis il réveilla Moëris la Belle et ils reprirent leur chemin à travers un paysage de collines verdoyantes et de conversations légères et plaisantes.
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